Pakistan: Le «cerveau» des attentats de Bombay libéré

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PakistanLe «cerveau» des attentats de Bombay libéré

L'homme soupçonné d'être derrière le massacre qui avait fait 166 morts en 2008 dans la ville indienne n'est plus inquiété par la justice.

Hafiz Saeed était en résidence surveillée depuis janvier dernier.

Hafiz Saeed était en résidence surveillée depuis janvier dernier.

Keystone

L'Inde s'est indignée de la libération par le Pakistan d'un dirigeant islamiste accusé d'avoir organisé les attentats de 2008 à Bombay. Ces derniers avaient plongé ces deux pays dotés de l'arme nucléaire au bord de la guerre.

Un tribunal pakistanais a ordonné mercredi la libération du sulfureux chef religieux Hafiz Saeed. Le gouvernement de la province du Pendjab avait demandé la prolongation de son assignation à résidence pour 60 jours, mais la justice a rejeté cette demande, estimant qu'aucune preuve de sa culpabilité n'avait été apportée.

«L'Inde, comme d'ailleurs la communauté internationale, s'indigne qu'un terroriste, de son propre aveu, et proscrit par l'ONU, soit autorisé à être libre et à poursuivre son programme diabolique», a réagi Raveesh Kumar, porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères.

«Cela semble également être une tentative du pouvoir pakistanais en vue de réintégrer les terroristes proscrits», a ajouté le porte-parole. «Le gouvernement pakistanais doit s'assurer qu'il sera arrêté et inculpé pour ses crimes», a déclaré de son côté la porte-parole du département d'Etat américain, Heather Nauert.

Hafiz Saeed nie lui toute responsabilité dans l'attaque menée par un commando de dix hommes contre deux hôtels de luxe, un centre culturel juif et une gare de chemin de fer à Bombay qui avait fait 166 morts en 2008. Des Américains figuraient parmi les victimes.

Pression étasunienne

Hafiz Saeed, qui dirige le groupe extrémiste Jamaat-ud-Dawa (JuD), classé organisation terroriste par l'ONU, avait été assigné à résidence en janvier dernier après une pression accrue des Etats-Unis sur Islamabad.

En 2012, Washington a offert une récompense de 10 millions de dollars pour toute information conduisant à son arrestation ou à sa condamnation.

Le JuD est lui considéré par New Delhi comme une vitrine du Lashkar-e-Taiba (LeT), accusé d'être derrière ces attentats. Il est populaire au Pakistan pour ses levées de fonds à des fins humanitaires après des catastrophes naturelles.

Appui des militaires

Le JuD a lancé un nouveau parti politique pendant la détention de son dirigeant, la Ligue musulmane Milli (MML), qui a remporté des milliers de voix lors d'élections partielles. Selon de hauts responsables du gouvernement et des officiers à la retraite, la MML a l'appui de la puissante hiérarchie militaire.

Hafiz Saeed fait campagne depuis des années en faveur des séparatistes musulmans du Cachemire indien, un territoire revendiqué par Islamabad. L'Inde accuse le Pakistan de soutenir les groupes armés séparatistes, ce qu'Islamabad dément.

(ats)

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