Football: Le championnat est complètement délirant. Normal?

Publié

FootballLe championnat est complètement délirant. Normal?

Depuis la reprise, aucune équipe n'est parvenue à enchaîner deux succès.

par
Sport-Center
Contre le Servette de Steve Rouiller (à g.), Pajtim Kasami et le FC Sion ont offert une belle réplique.

Contre le Servette de Steve Rouiller (à g.), Pajtim Kasami et le FC Sion ont offert une belle réplique.

Keystone

On a coutume de répéter à l'envi que «tout le monde peut battre tout le monde». Depuis la reprise de la Super League le week-end passé, cela n'a jamais été aussi vrai. Dans une hiérarchie qui n'a jamais été aussi instable, les certitudes s'effacent au profit des surprises.

Deux exemples: alors que l'on pensait le FC Thoune à la rue après sa défaite à Neuchâtel (2-1 contre Xamax) lors de la journée de reprise, la lanterne rouge bernoise a donné une leçon à YB, double champion en titre. Et qui aurait misé sur la déroute du FC Saint-Gall, un leader balayé 4-0 par Zurich quelques jours seulement après être apparu en démonstration à Tourbillon (2-1 contre Sion)? Sans doute personne. Comme personne n'aurait probablement pensé qu'aucune équipe ne réussirait à faire le plein de points après 180 minutes.

A ce petit jeu-là, c'est Lugano qui s'en tire encore le mieux même si c'est le FC Zurich de Ludovic Magnin, totalement requinqué après un début d'année raté, qui a laissé la plus forte impression.

Avec des cadors en déroute et des mal classés qui se rebiffent, ce «nouveau» championnat apparaît sidérant et complètement fou parce qu'il ne répond à aucune norme. On retrouve d'ailleurs la même versatilité en Challenge League, aucune équipe, là aussi, n'étant parvenue à enchaîner deux succès - Vaduz, Grasshopper, Kriens et SLO ont pris chacun quatre points. Plusieurs facteurs peuvent en partie justifier ce nivellement des valeurs, que ce soit l'enchaînement des matches (ce n'est pourtant que le début), la gestion des changements ainsi que des blessures, l'influence de la météo avec le retour de la chaleur, etc.

Un manque de repères

Dans un championnat qui paraît être celui de tous les possibles, cela suffit-il à expliquer pour autant une reprise aussi déroutante? «Tout est très particulier, reconnaît Jean-François Collet, le nouveau patron de Xamax. On ne fait que passer d'un match à l'autre, ce qui laisse peu de temps à l'analyse et aux correctifs. Le travail des coaches n'est déjà pas facile en temps normal. Mais là, il se corse encore davantage.» Après l'échec xamaxien contre Bâle mercredi soir, Léo Seydoux lui-même semblait s'étonner de cette vague de surprises. «Faute de repères suffisants, plus personne n'est comme d'habitude.» Son aveu avait valeur de symbole.

Passer pour ce qui le concerne du pire (Saint-Gall) au meilleur (Servette) en l'espace de quelques jours et parfois au sein du même match, c'est aussi ce qu'a vécu le FC Sion. Sans savoir où se situe la vérité. Entre les inquiétudes d'un jour et les promesses du lendemain, quelle est l'exacte part des choses? «Avec la répétition des matches, répond Christian Constantin, il pourrait bien y avoir de moins en moins de hiérarchie. Après notre nul contre Servette, on se trouve toujours aux soins intensifs mais on a au moins enlevé la bonbonne d'oxygène.»

Quid des premiers contre les derniers?

Avant le coup d'envoi du derby du Rhône, Johann Lonfat prédisait déjà l'apparition d'un nouvel ordre chamboulé. «Ce à quoi l'on va assister jusqu'à la fin de la saison ne sera pas normal, prévenait l'ancien international helvétique. Les joueurs sortent de près de quatre mois sans compétition, ce que personne n'avait vécu jusque-là. Et cela risque de se ressentir dans les résultats.»

Aux yeux de Claude Gross, il convient pourtant de se méfier de conclusions trop hâtives. «Il faudra voir sur la durée, estime le consultant de Teleclub. J'ai souvent trouvé les deuxièmes mi-temps moins bonnes. Dans un sprint, la profondeur de banc pourrait faire la différence.» En deux journées, le classement lui-même, forcément, n'a que peu varié. «On retrouve les mêmes devant, les mêmes dans le ventre mou et les mêmes derrière, constate Gross. Jeudi soir, Zurich n'a rien volé mais le score est sévère pour Saint-Gall.»

Ce week-end, les trois premiers du championnat, qui évolueront tous à domicile, seront directement opposés aux trois derniers. Assistera-t-on à une nouvelle vague de sensations ou la logique s'imposera-t-elle?

Nicolas Jacquier

Lugano, meilleure équipe post-Covid 19

Depuis la reprise du championnat (2 matches), le club tessinois est la seule formation de Super League à avoir engrangé plus que 3 points. 1. Lugano 1 victoire, 1 nul, 4 points (3-1)

2. Zurich 1 victoire, 1 défaite, 3 points (6-3)

3. Bâle 1 victoire, 1 défaite, 3 points (3-3) NE Xamax 1 victoire, 1 défaite, 3 points (3-3) Young Boys 1 victoire, 1 défaite, 3 points (3-3)

6. Thoune 1 victoire, 1 défaite, 3 points (2-2)

7. Lucerne 1 victoire, 1 défaite, 3 points (2-3)

8. Saint-Gall 1 victoire, 1 défaite, 3 points (2-5)

9. Servette 2 nuls, 2 points (2-2)

10. Sion 1 nul, 1 défaite, 1 point (2-3)

Ton opinion