Biodiversité – Le changement climatique a fait rapetisser les sardines
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BiodiversitéLe changement climatique a fait rapetisser les sardines

Selon une étude française menée en Méditerranée, la taille moyenne de ces poissons a fortement diminué. Ils n’auraient plus assez de microalgues pour se nourrir et bien grandir.

Les sardines, maillons essentiels de la chaîne alimentaire dans l’océan, comptent parmi les poissons les plus pêchés au monde. Mais depuis le milieu des années 2000, leur taille a fortement diminué en raison de l’influence du climat sur leur alimentation.

Les sardines, maillons essentiels de la chaîne alimentaire dans l’océan, comptent parmi les poissons les plus pêchés au monde. Mais depuis le milieu des années 2000, leur taille a fortement diminué en raison de l’influence du climat sur leur alimentation.

Photo d’illustration/Unsplash

Les sardines sont de plus en plus petites du fait d’une évolution de leur nourriture liée à une modification de l’environnement, révèle lundi l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) au terme d’une étude menée en Méditerranée.

Maillons essentiels de la chaîne alimentaire dans l’océan, les sardines comptent parmi les poissons les plus pêchés au monde. Mais depuis le milieu des années 2000, leur taille a fortement diminué, passant en Méditerranée de 15 à 11 cm en moyenne, selon l’institut dont les recherches ont montré que ni la pêche, ni les prédateurs naturels, ni un virus n’étaient à l’origine de ces changements, mais plutôt leur alimentation.

Baisse de la quantité de microalgues et de la taille du plancton

«Les images par satellite montrent clairement une baisse de la quantité de microalgues au milieu des années 2000, allant jusqu’à 15%», rapporte dans un communiqué, Jean-Marc Fromentin, chercheur à l’Ifremer à Sète, relevant en outre une diminution de la taille des cellules planctoniques.

«Ces modifications résulteraient de changements environnementaux régionaux importants, se traduisant par une baisse des nutriments apportés par le Rhône, des modifications de la circulation atmosphérique et océanique, et une augmentation globale de la température de 0,5 °C en 30 ans en moyenne en lien avec le changement climatique», avance l’Ifremer.

Une expérimentation inédite par son ampleur en milieu contrôlé a en outre été menée dans le cadre de cette étude. Un total de 450 sardines ont été réparties dans huit bassins, afin de tester l’effet de la taille et de la quantité de nourriture sur leur survie, leur croissance et leurs réserves.

Manger de petites portions demande plus d’efforts

«Nous avons été surpris par l’effet très important de la taille de l’aliment», note Claire Saraux, anciennement chercheuse à l’Ifremer et désormais au CNRS, expliquant qu’une «sardine recevant des aliments de petite taille doit en avoir une double portion pour grandir comme une sardine avec des aliments de grande taille».

Avec des aliments de petite taille, la sardine consomme ses proies par «filtration», au travers de ses branchies, ce qui implique une nage soutenue pendant une assez longue période de temps. Avec des aliments de grande taille, la sardine gobe ses proies une par une, ce qui requiert un temps de nage soutenue bien moins long et donc une moindre dépense d’énergie.

Les sardines nourries en grande quantité avec des aliments de plus grande taille ont retrouvé une taille similaire à celles pêchées avant 2008.

(AFP)

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