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FranceLe chanteur Daniel Darc est mort

Ancien chanteur du groupe français Taxi Girl, Daniel Darc est mort à 53 ans. Son corps, retrouvé au domicile parisien de l'artiste, pourrait être autopsié. Selon une source proche de l'enquête, le décès serait lié à une absorption d'alcool et de médicaments.

Né le 20 mai 1959 à Paris, très influencé par le mouvement punk, Daniel Darc voyait le rock comme un mode de vie et non comme une posture. La carrière du chanteur a été assombrie par des addictions et un penchant vers l'auto-destruction. En 1979, par exemple, il s'était tranché les veines sur la scène du Palace, à Paris.

Passionné de littérature et d'arts martiaux, fasciné par Berlin et le Japon, cet amoureux de Johnny Cash, Elvis Presley, John Coltrane et James Dean, avait rejoint Taxi Girl en 1978. Avec l'ambigu «Cherchez le garçon», le groupe s'était imposé en 1980 comme un des fers de lance de la new-wave à la française, apportant une esthétique trouble au rock hexagonal.

Victoire de la musique

L'histoire de Taxi Girl, où a aussi débuté Mirwais Stass - futur collaborateur de Madonna -, était déjà marquée par les addictions. En 1981, le batteur Pierre Wolfsohn succombait à une overdose.

Le groupe a éclaté cinq ans plus tard. Daniel Darc s'est alors lancé dans une carrière solo. Un premier album «Sous influence divine» sort en 1987, suivi deux ans plus tard par «Parce que».

Longtemps considéré comme un pestiféré par l'industrie du disque, il avait signé en 2004 après dix ans d'absence un retour foudroyant avec «Crève Coeur». L'album lui avait valu à 45 ans une Victoire de la musique pour «L'album révélation de l'année».

Années d'excès

Pour tenter de rompre avec ses années d'excès, le chanteur d'origine juive s'était converti au protestantisme. Sa ferveur, qu'il évoquait souvent pendant ses concerts ou en interviews, imprégnait ses derniers disques «Amours suprêmes» (2007) et «La taille de mon âme» (2011). Si ces deux albums n'ont pas connu le succès de «Crève Coeur», ils ont été salués par la critique.

Visage racé, silhouette voûtée et bras recouverts de tatouages, il était encore sur scène au printemps dernier. «Quand je mourrai, j'irai au paradis/C'est en enfer que j'ai passé ma vie», chantait-il en 2007.

(AFP)

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