Moutier (BE)Le chanvrier qui empeste doit partir
La culture de cannabis thérapeutique n’est plus tolérée dans une ancienne verrerie à l’aération déficiente.
- par
- Vincent Donzé

Du chanvre légal est cultivé dans l’ancienne verrerie de Moutier (BE).
Le chanvrier qui empeste à Moutier a deux semaines pour s’en aller. L’ultimatum a été fixé au 30 avril par la Municipalité. Plusieurs citoyens ont signalé parfois avec humour l’odeur qui flottait jusqu’à la gare: «Quand je suis un peu tendu, je m’arrête devant», a écrit un internaute. Pour les citoyens incommodés, c’est un soulagement, mais ce ne sont pas leurs réclamations qui ont été déterminantes.
L’exploitant chinois «Imazut» a amélioré la situation et les odeurs se sont estompées. Problème: la Municipalité attendait une demande de permis de construire qui n’est jamais arrivée. Changer d’affection rétroactivement, avec six mois de retard, aurait permis à la population de s’exprimer par voie de recours.
Mise en conformité
Le maire Marcel Winistoerfer s’était rendu sur place le 19 janvier, deux heures durant, avec des représentants de l’Assurance immobilière bernoise, de l’Office de l’environnement et de l’énergie et de l’Office de l’économie. La mise en conformité du bâtiment leur est parue titanesque.
L’inspection des installations indoor a révélé un défaut majeur dans l’ancienne verrerie appartenant à la commune: les conduits d’aération devraient déboucher verticalement à une hauteur minimale, et non pas latéralement. Des lacunes ont aussi été constatées dans les conditions de travail: les employés manquaient de lumière naturelle, toutes les fenêtres étant calfeutrées dans une plantation située partiellement en sous-sol.
Filtrage des eaux
Un catalogue de mesures imposait le filtrage des eaux usées contenant des engrais et la signalisation des issues de secours. «La moindre de choses aurait été de réagir au quart de tour», a indiqué le conseiller municipal Pascal Eschmann au «Quotidien Jurassien».
Selon «Le Quotidien Jurassien», un courrier resté sans réponse a été adressé la semaine dernière au cultivateur de cannabis thérapeutique. Face à son immobilisme, le Conseil municipal a estimé que le point de non-retour était dépassé.
Lors d’un contrôle par la police cantonale bernoise, aucune infraction n’a été constatée dans la teneur en THC de cette culture de CBD: le taux mesuré l’an dernier dans la principale molécule active du cannabis était inférieur à 1,0%.