Actualisé 14.06.2019 à 12:53

Le chat-renard? «C’était un mythe, c’est devenu une réalité»

France

Des spécialistes sont convaincus que le légendaire chat corse n’est pas une légende. Douze chats-renards ont été capturés.

par
R.M. avec les agences
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Des chats-renards ont été capturés en Corse. Celui-ci a une blessure à un œil, probablement suite à une bagarre avec un congénère.

Des chats-renards ont été capturés en Corse. Celui-ci a une blessure à un œil, probablement suite à une bagarre avec un congénère.

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Ces félins mythiques ont été brièvement endormis pour être étudiés. Puis ils ont été relâchés.

Ces félins mythiques ont été brièvement endormis pour être étudiés. Puis ils ont été relâchés.

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Le chat-renard n'a pas le même génome que le chat sauvage européen, selon les spécialistes.

Le chat-renard n'a pas le même génome que le chat sauvage européen, selon les spécialistes.

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Nous avons le dahu. La Corse a son «ghjattu-volpe», ou «chat-renard». Une créature discrète mais avide de sang, racontent des bergers. Un animal qui, la nuit venue, dévore les mamelles des chèvres et des brebis. Sauf que la légende n'en était pas une: le chat-renard existe bel et bien, selon l’Office national français de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). «C’était un mythe et aujourd’hui c’est une réalité», a résumé pour l’AFP Carlu-Antone Cecchini, chargé de mission chat forestier à l’ONCFS.

Les spécialistes ont «traqué» l’animal légendaire loin de la présence humaine, dans le paysage rocailleux et forestier de la vallée d’Asco, en Haute-Corse. Et ils ont fini par identifier 16 chats-renards et en ont capturé 12. Les félins ont été brièvement endormis pour être étudiés. Puis ont été relâchés.

Un pelage infranchissable

À première vue, le ghjattu-volpe ressemble fortement à un chat classique. Mais il possède des oreilles très larges, des courtes moustaches, des canines très développées, une couleur rousse-rouille sur le ventre ou les tarses des pattes postérieures toujours très noirs, égrène l’AFP.

Mais le chat-renard a surtout deux particularités. Une queue fournie, qui lui a valu son nom. Et une «densité de poils très importante». Tellement que les puces, poux ou tiques ne peuvent pas franchir ce pelage et atteindre la peau du félin.

Capturé par hasard

«Cet animal appartient à la mythologie de nos bergers. Ils racontaient que ces chats forestiers s’attaquaient aux mamelles de leurs brebis et chèvres. C’est à partir de ces récits, transmis de génération en génération, qu’on a commencé nos recherches», a expliqué Carlu-Antone Cecchini. Un programme de recherche a donc été lancé en 2008. Suite à une capture par hasard d’un félin dans un poulailler du Cap Corse.

Plus de dix ans plus tard, le génome du chat-renard a été établi. Son ADN est distinct de celui du chat sauvage européen (Felis silvestris silvestris). Et il se rapproche du chat forestier africain (Felis silvestris lybica). Mais «son identité exacte reste à déterminer», a noté Pierre Benedetti, chef technicien de l’environnement de l’ONCFS, qui a consacré dix ans de sa vie à l’animal légendaire.

Un animal à protéger

Pierre Benedetti souhaite désormais que, dans les 2 à 4 ans à venir, «ce chat soit reconnu et protégé». Et mieux connu – nocturne, l’animal est particulièrement discret et son régime alimentaire reste en partie mystérieux.

Bien. Mais est-ce qu’il dévore vraiment les mamelles des chèvres? «J’imagine que c’est un mythe», a répondu Pierre Benedetti. «Mais partout où vous allez, des bergers qui vivent à des heures les uns des autres vous racontent la même histoire… Alors j’espère pouvoir vérifier cette information un jour!»

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