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ProcèsLe chauffard qui a fauché un policier écope de cinq ans

Le Tribunal correctionnel de Nyon a condamné lundi un homme de 25 ans à cinq ans de réclusion pour tentative de meurtre.

Photo d'illustration, AFP

En novembre 2011, le conducteur avait foncé volontairement sur un policier lors d'un contrôle routier entre St-Cergue et Nyon, le blessant grièvement aux jambes.

La Cour n'a pas cru aux explications du prévenu marocain qui a changé plusieurs fois sa version des faits tout au long de l'instruction. Circulant au volant d'une voiture signalée après un cambriolage à Saint-Cergue, le jeune homme a notamment tenté de rejeter la responsabilité sur le passager de la voiture.

Selon lui, son comparse, également recherché par la police, aurait agi sur le volant. Il aurait appuyé sur l'accélérateur par- dessus sa jambe en voyant le barrage.

Acte délibéré

Pour le Tribunal, le prévenu a délibérément accéléré, renversant au passage le sergent qui a heurté le pare-brise avant d'être projeté à une vingtaine de mètres. Aucun des gendarmes sur les lieux n'a constaté de zigzag ou changement de direction, a-t-il relevé. La Cour n'a pas non plus retenu la thèse du pare-brise embué qui aurait empêché le chauffeur d'apercevoir le gendarme.

Même s'il n'a pas souhaité la mort du policier, la culpabilité du prévenu est très lourde, a estimé la Cour. Il s'en est pris à la vie humaine d'une manière particulièrement répréhensible.

Ce jeune homme ne s'est aucunement soucié des conséquences de son comportement et en a accepté les éventuels dommages collatéraux. Il a fait preuve d'un «égoïsme total» ne pensant qu'à échapper au barrage policier après un cambriolage à St-Cergue.

Les conséquences sont graves pour la victime, a souligné le Tribunal. Le gendarme a enduré des souffrances importantes, subissant plusieurs opérations aux jambes et son état n'est pas encore stabilisé. De plus, il se sait pas s'il pourra reprendre son travail avant sa retraite.

Le tribunal a déploré également le manque d'empathie du jeune homme envers sa victime. Il n'a cessé de s'apitoyer sur son sort, tout en minimisant ses actes. A sa décharge, le prévenu n'avait pas d'antécédents judiciaires. Le Ministère public avait requis cinq ans et demi.

Comparse toujours en fuite

Les faits remontent à la soirée du 16 novembre 2011. Deux patrouilles de gendarmes effectuaient un contrôle sur la route principale Nyon - St-Cergue. Vers 21h25, une petite voiture est arrivée et son conducteur a ralenti avant d'accélérer et de faucher le policier.

Le véhicule a poursuivi sa route en direction de Nyon. Quelques kilomètres plus loin, il a fait une embardée dans un rond-point. Le prévenu a été interpellé peu après, alors qu'il avait pris la fuite à pied. Son complice, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, court toujours.

(ats)

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