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UELe chef de Frontex se défend d’avoir refoulé des migrants

Plusieurs enquêtes de médias européens avaient démontré que les candidats au voyage périlleux en mer méditerranée étaient régulièrement victimes de «pushbacks» illégaux.

Le Français Fabrice Leggeri, à la tête de Frontex. 

Le Français Fabrice Leggeri, à la tête de Frontex.

AFP

Le directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, a affirmé ce mardi qu’il n’y avait «pas de preuve de la participation» du personnel de l’agence européenne de surveillance des frontières dans des refoulements illégaux de migrants de la Grèce vers la Turquie. Il était interrogé par les eurodéputés.

L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été pointée du doigt en octobre dans une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel, qui l’accuse d’être impliquée dans des incidents de refoulement de bateaux de demandeurs d’asile par les garde-côtes grecs.

Athènes a toujours rejeté les accusations de refoulements illégaux à ses frontières régulièrement lancées par les ONG. Frontex, qui a déployé quelque 600 agents pour aider les garde-côtes grecs, a ouvert une enquête interne sur ces allégations.

«Nous n’avons pas trouvé de preuve d’une participation active, directe ou indirecte, de la part du personnel de Frontex ou d’agents déployé par Frontex dans des refoulements», a déclaré le directeur exécutif de l’agence, mis sur le gril par les eurodéputés de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, dont certains ont réclamé sa démission.

Le Français, qui s’exprimait par vidéoconférence, a souligné à plusieurs reprises que les autorités grecques étaient responsables du commandement de ces opérations. Il a indiqué leur avoir signalé et demandé d’enquêter sur deux «situations» en avril et juillet dans lesquelles Frontex soupçonnait des violations des droits fondamentaux. Il a également évoqué la situation «compliquée» en Méditerranée orientale en raison des conflits frontaliers entre la Grèce et la Turquie.

«Carences»

Le responsable a «salué» l’enquête récemment ouverte par la médiatrice de l’UE Emily O’Reilly sur l’action de Frontex face à ces accusations, ainsi que sur le rôle et l’indépendance de «l’officier aux droits fondamentaux» de l’agence.

Fabrice Leggeri, qui a reconnu des «carences», a notamment indiqué avoir proposé que l’Agence des droits fondamentaux de l’UE déploie du personnel pour surveiller l’action de Frontex. Si certains eurodéputés, à droite, lui ont apporté leur soutien, soulignant la difficulté de la tâche et l’importance de lutter contre les passeurs, d’autres ont regretté la répétition de ce type d’incidents et réclamé une réponse plus ferme de la part de Frontex.

«Même après l’échange actuel, trop de questions restent sans réponse», a déclaré l’eurodéputée socialiste allemande Birgit Sippel. «Il est clair que le directeur exécutif a failli à nombre de ses responsabilités et qu’il devrait démissionner en conséquence.»

(ATS/NXP)

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