Procès en destitution : Trump acquitté par le Sénat américain

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Procès en destitution Trump acquitté par le Sénat américain

Malgré le réquisitoire incendiaire des procureurs démocrates à l’encontre de l’ancien président, accusé d’avoir «incité à l’insurrection», les voix ont manqué au Sénat pour faire condamner ce dernier.

Donald Trump était accusé d’avoir poussé la foule à attaquer le Capitole le 6 janvier. 
Donald Trump était accusé d’avoir poussé la foule à attaquer le Capitole le 6 janvier. AFP

L'ex-président américain Donald Trump a été acquitté samedi par le Sénat américain qui le jugeait pour "incitation à l'insurrection" à la suite des violences au Capitole le 6 janvier.

Cinquante-sept sénateurs ont voté pour un verdict de culpabilité et 43 contre. La majorité des deux-tiers nécessaire à la condamnation n'a donc pas été atteinte.

«Chasse aux sorcières»

Suite au verdict, Donald Trump a promis de «continuer» à défendre «la grandeur de l'Amérique».

«Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, Make America Great Again, ne fait que commencer», a réagi M. Trump dans un communiqué, se posant une nouvelle fois en victime d'une «chasse aux sorcières».

«Dans les mois à venir, j'aurai beaucoup de choses à partager avec vous et suis impatient de continuer notre incroyable aventure pour la grandeur de l'Amérique», a-t-il ajouté.

Revirement de situation

Après une matinée marquée par un coup de théâtre qui menaçait de retarder longuement le verdict, sénateurs républicains et démocrates sont parvenus à un accord pour se passer de témoins.

«Il est désormais évident, sans l'ombre d'un doute, que Trump a soutenu les actes de la foule hargneuse et il doit donc être condamné. C'est aussi simple que cela», avait lancé Jamie Raskin, le chef des procureurs démocrates, pendant leur dernier réquisitoire prononcé samedi devant le Sénat.

Ce deuxième procès en destitution de Donald Trump s'achève donc par un second acquittement. Entamé mardi, il aura duré cinq jours.

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Les démocrates voulaient voir Donald Trump reconnu coupable d’«incitation à l’insurrection», puis qu'il soit rendu inéligible.

Pour eux, il est le responsable principal des événements du 6 janvier, lorsqu'une foule de ses partisans en colère avait envahi le Capitole au moment où le Congrès américain s'apprêtait à confirmer sa défaite à l'élection du 3 novembre.

«Au moment où nous avions le plus besoin qu'un président nous protège et nous défende, le président Trump nous a à la place délibérément trahis. Il a violé son serment» de protéger le pays, a renchéri l'un des neuf démocrates de la Chambre des représentants qui portaient l'accusation, David Cicilline.

«Attisé la hargne»

Pendant plus de deux heures, une grande confusion a régné au Sénat samedi matin, après un vote surprise autorisant la convocation de témoins, ce qui aurait pu grandement retarder le verdict.

Jamie Raskin voulait entendre une élue républicaine, Jaime Herrera Beutler, ayant révélé vendredi soir la teneur d'une conversation téléphonique entre un autre élu et Donald Trump pendant les événements du 6 janvier.

Jaime Herrera Beutler.

Jaime Herrera Beutler.

AFP

Alors que les parlementaires se cachaient pour échapper aux émeutiers, Donald Trump aurait éconduit le chef de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, qui lui demandait d'appeler ses partisans à cesser les violences. «Eh bien, Kevin, j'imagine que ces gens sont plus en colère que vous à propos de l'élection», lui aurait-il lancé.

La déposition de Jaime Herrera Beutler a finalement été lue en séance et versée au dossier.

Cette «réaction absolument stupéfiante de Trump confirme qu'il n'a rien fait pour aider les personnes présentes ici» au Congrès et sous la menace des violences, a souligné Jamie Raskin.

Mêlant vidéos choc des violences et extraits choisis des diatribes présidentielles, les démocrates ont, depuis le début du procès, accusé Donald Trump d'avoir renoncé à son rôle de «commandant-en-chef» pour revêtir des habits d’»incitateur-en-chef».

Selon eux, il a «attisé la hargne» de ses partisans pendant des mois avec un «grand mensonge»: en se présentant comme la victime d'une élection «volée» suite à des «fraudes» dont il n'a jamais apporté la preuve.

Et le 6 janvier, au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de Joe Biden, il «a allumé la mèche», ont-ils dit, en leur lançant: «Battez-vous comme des diables.»

Une fois l'assaut en cours, il a attendu de longues heures avant d'appeler ses sympathisants à «rentrer chez eux». En tout, cinq personnes sont mortes, et des centaines ont été blessées ou traumatisées, ont-ils estimé.

Vengeance politique

Vendredi, les avocats du 45e président des Etats-Unis avaient contre-attaqué dans un argumentaire concis - trois heures - et musclé.

Selon eux, l'attaque était «horrible» mais le procès est «injuste»: c'est un acte «de vengeance politique».

Dégainant à leur tour des vidéos soigneusement éditées, ils ont assuré que le champ lexical combatif de Donald Trump s'inscrivait dans une «rhétorique politique ordinaire», protégée par le Premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d'expression.

La défense a également jugé «absurde» de lier les violences au discours du 6 janvier, soulignant que Donald Trump avait appelé ses partisans à marcher «de manière pacifique et patriote» sur le Capitole.

Décision difficile

Très discret jusqu'ici, l'influent chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a fait savoir peu avant l'ouverture de la séance samedi matin qu'il voterait l'acquittement de Donald Trump. Une «décision difficile», selon lui, qui rend encore plus improbable une condamnation de Donald Trump.

Mitch McConnell.

Mitch McConnell.

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