Hippisme: Le CHI de Genève marqué par les adieux de Nino
Publié

HippismeLe CHI de Genève marqué par les adieux de Nino

Le Selle-Français champion olympique n'a plus que quelques obstacles à avaler avant de tirer sa révérence.

Nino des Buissonnets est l'un des meilleurs chevaux qu'ait jamais connu le saut d'obstacles. (Image d'archives)

Nino des Buissonnets est l'un des meilleurs chevaux qu'ait jamais connu le saut d'obstacles. (Image d'archives)

Keystone

Nino des Buissonnets, le champion olympique qui a porté Steve Guerdat au sacre suprême à Greenwich Park en 2012, sera mis à la retraite après le CHI de Genève qui débute jeudi.

Le Grand Prix de dimanche sera donc la dernière occasion de voir à l'oeuvre Nino des Buissonnets, un des meilleurs chevaux qu'ait jamais connu le saut d'obstacles. Le Selle-Français a 15 ans et pourrait continuer à faire le bonheur du cavalier jurassien encore une voire deux saisons. «Mais je crois que Nino mérite de partir en pleine lumière, quand tous les signaux sont encore au vert. Je refuse d'attendre de les voir arriver, ces fameux signes du déclin», justifie Steve Guerdat.

Le Jurassien a pris sa décision mais n'a pas forcément encore pu mesurer toute sa portée. Ainsi concédait-il, la semaine dernière, que son arrivée aux abords de Palexpo pour participer à la conférence de presse du CHI l'avait rendu «un peu bizarre». «Je commence à me rendre compte de tout cela depuis ce matin (NDLR: mercredi dernier, donc). Ca va être une longue semaine...»

La retraite n'est pas loin, mais elle n'est pas encore là

Heureusement pour le cavalier de Bassecourt, sa semaine est placée sous le signe du travail car, comme il le rappelle, «Nino n'est pas en phase de préretraite mais de préparation». Une préparation qui doit lui permettre de défendre au mieux sa couronne à Genève, où il a remporté le GP l'an passé ainsi qu'en 2013.

A parler de chevaux - ou d'animaux en général -, on risque souvent de succomber à la tentation de l'anthropomorphisme. Alors autant y aller franchement et poser la question à Steve Guerdat: Nino est-il au courant que l'heure de sa retraite à bientôt sonné? «Je lui ai dit, sourit le champion olympique, mais pas en espérant qu'il comprenne. On travaille des heures ensemble, il faut bien passer le temps. Je mentirais si je prétendais savoir ce qu'il comprend ou pas.»

En revanche, Guerdat est le mieux placé pour parler de ce qu'est son crack: «une véritable bête de scène!» «Nino aime ça, il aime se présenter aux gens, il aime la pression et la compétition. C'est ma plus grande crainte: qu'il soit soudainement malheureux les mercredis quand il me verra préparer le camion, y faire monter d'autres chevaux mais pas lui», qui restera avec son cavalier à Herrliberg pour jouir d'un paisible quotidien.

Le hongre, fils du Kannan de Michal Hécart, pourrait-il aller jusqu'à faire subir à son cavalier des représailles? «Non, quand même pas. Mais j'ai peur qu'il soit triste. Je ne veux toutefois pas prendre le risque qu'il se blesse car, à son âge, une blessure signifierait la fin.»

Et Steve Guerdat connaît bien le problème puisqu'il avait dû se résoudre, début 2014 à cause d'un accident, à faire euthanasier Jalisca Solier, sa précédente monture de pointe qui était à la retraite et avec laquelle il avait notamment remporté le bronze par équipes aux JO de 2008, l'or par équipes aux Européens de 2009 et sa seule victoire dans la finale du Top 10 mondial.

L'«après-Nino»

«Il y avait un Steve Guerdat avant Nino, heureusement il y en a eu un avec Nino et il y en aura un après aussi...» D'ailleurs, le Jurassien affirme que le piquet de chevaux dont il dispose actuellement est peut-être le plus complet qu'il ait eu. Il s'élancera avec Big Red dans l'épreuve majeure du jeudi, avec Corbinian dans la finale du Top 10 vendredi et, donc, avec Nino le dimanche.

Pour rappel, Guerdat a gagné les deux dernières éditions de la Coupe du monde, ce printemps avec Corbinian et en 2015 avec Paille (retirée depuis), il vient de réaliser une impressionnante série dans les Grands Prix Coupe du monde de Stuttgart (2e), Helsinki (5e) et Oslo (4) avec Bianca et il considère que son Ulysse des Forêts (8 ans) est «une grande promesse».

Alors non, il ne faut pas non plus se faire trop de souci pour le champion olympique 2012. Les armes pour se maintenir au sommet, il les aura encore. De quoi dédramatiser la dernière cavalcade d'un couple que le monde équestre n'oubliera pas de si tôt.

(si)

Votre opinion