Amérique latine - Les Chiliens commencent à élire leur Assemblée constituante
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Amérique latineLes Chiliens commencent à élire leur Assemblée constituante

La future Constitution remplacera celle rédigée en 1980 sous le régime militaire d’Augusto Pinochet.

Dans un bureau de vote de Santiago le 14 mai 2021.

Dans un bureau de vote de Santiago le 14 mai 2021.

AFP

Les Chiliens ont commencé à élire samedi les rédacteurs de la future Constitution qui remplacera celle rédigée en 1980 sous le régime militaire d’Augusto Pinochet, une revendication issue du grand mouvement social amorcé fin 2019 pour réclamer une société plus égalitaire.

Quelque 14 millions de Chiliens sont appelés aux urnes samedi et dimanche pour désigner, parmi 1373 candidats, 155 élus sur une base paritaire. Dix-sept sièges seront également réservés aux 10 peuples autochtones du Chili.

Le changement de la loi fondamentale actuelle, qui limite fortement l’action de l’État et promeut l’activité privée dans tous les secteurs, notamment l’éducation, la santé et les retraites, est vu comme la levée d’un obstacle essentiel à de profondes réformes sociales dans un pays parmi les plus inégalitaires d’Amérique latine.

Un système qui profite à quelques privilégiés

Selon les sondages, plus de 60% de la population estime que cette constitution a créé un système qui profite à un petit nombre de privilégiés. «C’est comme si on commençait vraiment à se débarrasser de “Pinocho” (ndlr: le surnom donné à Pinochet par ses détracteurs), de son ombre, de son héritage, de tout», estime Carmela Urquiza, une fonctionnaire de 62 ans, résidant à Santiago.

«Le Chili a l’occasion de réaliser sa deuxième transition (politique), ça aura pris trois décennies en raison de la trop forte tendance au statu quo du système de partis» traditionnels, indique à l’AFP Marcelo Mella, politologue à l’Université de Santiago.

La nouvelle Constitution doit être rédigée dans un délai de neuf mois, prolongeable une seule fois de trois mois supplémentaires. Elle doit être approuvée ou rejetée en 2022 par un référendum à vote obligatoire.

Difficiles prévisions

Le scrutin, déjà reporté de trois semaines, a été étalé sur deux jours pour limiter les possibilités de contagion au Covid-19, et comprendra également des élections locales de maire, de conseiller municipal et, pour la première fois, de gouverneur régional. Le Chili était l’un des rares pays de l’OCDE qui n’avait pas d’autorités régionales élues.

Les analystes le voient comme un test décisif avant l’élection présidentielle de novembre prochain. Ce processus électoral est également le premier au monde à élire une Assemblée constituante sur une base paritaire, avec un nombre égal d’hommes et de femmes. Il marquera également l’histoire du pays en réservant 17 sièges aux 10 peuples autochtones du Chili.

Les prédictions sur la composition des forces politiques qui composeront l’Assemblée constituante sont hasardeuses, mais la difficulté des candidats indépendants à se faire connaître devrait privilégier les partis traditionnels.

«Il y a beaucoup de nouvelles variables en jeu: c’est une élection sans précédent dans un contexte de pandémie, avec un système de parité, avec des sièges réservés, et avec des listes d’indépendants. Tout cela est nouveau. Il est donc très difficile de faire des prédictions, et nous ne savons pas avec certitude combien de personnes iront voter», note Claudio Fuentes.

L’opposition de gauche, dispersée sur 69 des 70 listes en lice, entend proposer un nouveau modèle pour le pays, avec différents droits sociaux garantis, comme l’éducation, la santé ou le logement. De leur côté, les candidats de la droite au pouvoir regroupés sur une seule grande liste alliée à l’extrême droite défendent le système actuel, qui selon eux a favorisé la croissance économique du pays.

Les bureaux de vote seront ouverts de 08h00 à 18h00 locales (14h00 et 0 h00 GMT) samedi et dimanche. Les premières estimations sont attendues dimanche en début de nuit.

(AFP)

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