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ElectionsLe Chili se choisit un président

Dimanche, le Chili doit participer au premier tour du scrutin qui décidera de la succession de Michelle Bachelet.

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Le conservateur Sebastián Piñera, hommes d'affaires milliardaire de 68 ans (ici avec son épouse), a été élu dimanche président du Chili. Il revient ainis au pouvoir après un premier mandat de 2010 à 2014, signant un virage à droite de plus en Amérique latine. (Image - dimanche 17 décembre 2017)

Le conservateur Sebastián Piñera, hommes d'affaires milliardaire de 68 ans (ici avec son épouse), a été élu dimanche président du Chili. Il revient ainis au pouvoir après un premier mandat de 2010 à 2014, signant un virage à droite de plus en Amérique latine. (Image - dimanche 17 décembre 2017)

Keystone
Après dépouillement de 100% des bulletins, Sebastián Piñera a obtenu 54,58% des suffrages du deuxième tour contre 45,42% pour son adversaire de centre-gauche âgé de 64 ans, le sénateur Alejandro Guillier (ici). (Image - dimanche 17 décembre 2017)

Après dépouillement de 100% des bulletins, Sebastián Piñera a obtenu 54,58% des suffrages du deuxième tour contre 45,42% pour son adversaire de centre-gauche âgé de 64 ans, le sénateur Alejandro Guillier (ici). (Image - dimanche 17 décembre 2017)

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Le milliardaire Sebastian Piñera, 67 ans, donné favori pour succéder à la présidente de gauche Michelle Bachelet, était crédité de 36,64% des voix. Il affrontera au deuxième tour le socialiste Alejandro Guillier.

Le milliardaire Sebastian Piñera, 67 ans, donné favori pour succéder à la présidente de gauche Michelle Bachelet, était crédité de 36,64% des voix. Il affrontera au deuxième tour le socialiste Alejandro Guillier.

Les «jours meilleurs» promis par l'ex-chef d'Etat conservateur Sebastian Piñera ou la continuité revendiquée par Alejandro Guillier: le Chili vote dimanche pour désigner le successeur de la présidente socialiste Michelle Bachelet, un vote qui devrait confirmer le virage à droite de l'Amérique latine.

Quelque 14,3 millions de Chiliens sont appelés à voter entre 08h00 et 18h00 heure locale (entre 11h00 GMT et 21h00 GMT) pour ce premier tour de l'élection présidentielle auquel participent huit candidats, dont six de centre-gauche.

Avec l'attitude triomphante de l'homme d'affaires à qui tout réussit, celui que les médias baptisent parfois «le Berlusconi chilien», Sebastian Piñera se détache nettement et semble bien parti pour décrocher un nouveau mandat. Il est crédité de 34,5% des intentions de vote au premier tour, selon un sondage du Centre des études publiques (CEP) publié fin octobre.

«Je veux être le président de l'unité, de la classe moyenne, des enfants et des personnes âgées, des régions et du monde rural», a déclaré ce milliardaire lors de son dernier meeting de campagne.

Guillier, le dauphin

Derrière lui, le candidat socialiste Alejandro Guillier (15,4% des intentions de vote) et celle de la coalition d'extrême gauche Frente Amplio Beatriz Sanchez (8,5%) sont distancés, mais l'un des deux devrait se qualifier pour le second tour du 17 décembre. «L'histoire montrera que les bonnes décisions ont été prises», a lancé Alejandro Guillier, qui s'inscrit dans les pas de Mme Bachelet, laquelle quitte la présidence avec 23% d'opinions favorables.

Sebastian Piñera, 67 ans, a déjà occupé le palais présidentiel de La Moneda de 2010 à 2014. Il n'avait pas pu se représenter dans la foulée, la loi chilienne interdisant deux mandats consécutifs.

Son probable retour au pouvoir survient à un moment où une grande partie de la région - l'Argentine avec Mauricio Macri, le Brésil avec Michel Temer, le Pérou avec Pedro Pablo Kuczynski - vient de basculer à droite, marquant la fin d'un cycle pour la gauche latinoaméricaine.

Société bouleversée

Mais le magnat des affaires ne va pas retrouver le même Chili que lors de son premier mandat: ces dernières années, cette société réputée très conservatrice a été bouleversée par une série de réformes sociétales progressistes, dont l'adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l'avortement, auparavant interdit strictement.

Peut-être en raison de l'issue qui paraît courue d'avance, la campagne n'a pas passionné les foules dans le pays, l'un des plus riches d'Amérique latine grâce à ses matières premières (cuivre, lithium, pétrole...) mais en ralentissement économique en raison de la chute des cours.

«Cette élection me laisse de glace si je compare à d'autres fois. Il y a peu d'ambiance, les gens sont préoccupés par d'autres choses et donc on n'a pas vu la même effervescence que l'on voit normalement lors d'une élection», raconte à l'AFP Marcos Davila, professeur à la retraite occupé à lire le journal dans une rue piétonne de Santiago.

Pour Catalina Gascon, étudiante de 19 ans, dans cette campagne «les thèmes les plus importants sont l'éducation et le système de retraites», deux héritages libéraux du régime du dictateur Augusto Pinochet (1973-1990) que le gouvernement de Mme Bachelet a cherché à réformer.

Pas de pub

Une récente loi électorale a achevé de doucher l'enthousiasme des électeurs, en interdisant la publicité pour les candidats dans les rues et en limitant drastiquement les dépenses de campagne, alors que dans les précédentes élections les affiches de propagande recouvraient jusqu'aux feux de signalisation.

Les experts prédisent donc que le scrutin de dimanche pourrait être marqué par une participation historiquement faible, autour de 40%.

Au Chili, pays où l'abstention est la plus élevée en Amérique latine, «la désaffection citoyenne vis-à-vis des élections est un problème qui dure depuis les années 1990 mais il s'est accentué depuis que le vote a cessé d'être obligatoire» en 2012, soulignait récemment le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

«Le citoyen a pris ses distances avec la politique», en raison des «problèmes de corruption et de la confiance en berne» envers les institutions, selon le Pnud. Parallèlement au scrutin présidentiel, les Chiliens doivent renouveler une grande partie du Parlement, les sondages indiquant que la droite devrait y augmenter sa représentation sans toutefois remporter la majorité absolue.

(AFP)

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