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SympathieLe chiot policier qui fait craquer les Yverdonnois

«Thémis» fait déjà craquer les habitants, et fera bientôt de même avec dealers et voleurs. Nous l'avons suivie à la trace.

par
Laurent Grabet

Depuis lundi, un sourire illumine le visage juvénile de l'agent Marchand. Il est vrai que, jamais avant ce jour, les tournées quotidiennes de ce policier à travers Yverdon-les-Bains n'avaient suscité tant de «qu'il est mignon!» et «trop chou!» Ces compliments, ce n'est pas au Vaudois de 24 ans qu'ils s'adressent, ni à son coéquipier du jour, mais au chiot berger allemand de 9 semaines dont il a désormais la charge.

«Je suis boulanger-pâtissier de formation, mais j'ai bifurqué dans la police il y a deux ans avec l'idée de devenir maître-chien, explique Grégory Marchand. Pour moi, c'est un peu un rêve qui se réalise.» Ce rêve se prénomme «Thémis», «en hommage à la déesse grecque de la justice». Car l'animal est en fait une femelle. Les nombreux autres chiens qu'elle croise et qui la reniflent sous toutes les coutures dans la grande tradition canine s'en aperçoivent illico. Ce qu'ils ne savent pas, en revanche, c'est qu'elle a été sélectionnée, parmi une portée de huit, pour détecter les stupéfiants et suivre à la trace les malfrats de tout poil.

«Thémis» a de qui tenir. Ses parents ont prouvé dans divers concours de chiens de travail être des cadors. «Quand je suis allé au refuge, je l'ai choisie au feeling», explique l'agent Marchand, qui vient d'une famille dans laquelle avoir un berger allemand relève de l'évidence. «Et aussi car, tout du long, elle était restée sagement à côté de moi.» A l'Hôtel de police du Nord vaudois, la boule de poils ne devrait pas tarder à devenir une sorte de mascotte, malgré la concurrence d'un congénère de six ans.

Dans les rues d'Yverdon en tout cas, elle a déjà gagné la partie. «C'est la nouvelle star», s'enthousiasme une retraitée. «C'est votre apprentie? Vous allez l'entraîner à mordre?» interroge une autre avec une voix douce. La réponse est: «Oui!» Et il y aura apparemment du boulot. Car, pour l'instant, «Thémis» semble surtout douée pour s'asseoir sagement aux pieds de son maître. Sa formation durera deux ans. Pour qu'elle soit un plein succès, Grégory Marchand devra impérativement éviter que son animal soit distrait par les séances de caresses que la majorité des humains qu'elle croise veulent lui prodiguer. Une condition qu'il sera difficile de faire respecter à en juger par ce que nous avons constaté en compagnie du duo…

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