03.05.2013 à 18:02

Etats-UnisLe chômage américain à son plus bas depuis quatre ans

L’économie américaine retrouve quelques couleurs. Elle a ramené en avril le taux de chômage à 7,5%. C'est le taux le plus bas depuis 4 ans.

Ces chômeurs américains font la queue près d'un bureau de l'emploi à New York.

Ces chômeurs américains font la queue près d'un bureau de l'emploi à New York.

Reuters

L’économie américaine a créé nettement plus d’emplois qu’attendu en avril, ramenant le taux de chômage à 7,5%, son plus bas niveau en quatre ans. Elle tempère ainsi les inquiétudes liées à l’impact des coupes budgétaires et des augmentations d’impôts de ces derniers mois.

«Ces chiffres de l’emploi montrent que l’on était peut-être trop pessimiste sur l’économie américaine (...) Surtout les révisions sont impressionnantes avec 114’000 créations de postes en plus sur deux mois», a commenté un trader.

L’administration a recensé la création de 165’000 postes non agricoles en avril, selon les statistiques officielles publiées vendredi par le département du Travail. Par ailleurs, le nombre de créations d’emplois pour mars a été révisé en forte hausse, de 88’000 à 138’000.

Les chiffres de février ont eux aussi été révisés à 332’000, un record depuis mai 2010, contre 268’000. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 145’000 créations de postes en avril et un taux de chômage stable à 7,6%.

Certaines fragilités persistent

Paradoxalement, certains éléments du rapport vont dans le sens d’un ralentissement de l’activité américaine. Les créations d’emploi dans le secteur de la construction ont ainsi enregistré leur premier repli en un an, tandis que dans le secteur manufacturier le niveau des emplois est resté stable.

Les chiffres du chômage pour le mois d’avril peuvent surprendre au regard des statistiques de ces dernières semaines. Bien que le produit intérieur brut (PIB) américain ait enregistré une croissance annualisée de 2,5% au premier trimestre, certains chiffres font état d’un ralentissement sur la fin de la période.

Les économistes redoutaient que l’impact des coupes budgétaires et des augmentations d’impôts sur une demande intérieure déjà atone dissuade les entreprises d’embaucher.

Programmes de création d’emploi refusés

Selon Alan Krueger, premier conseiller économique de Barack Obama, les chiffres du chômage auraient été encore meilleurs si le Congrès avait voté les programmes de création d’emploi proposés par la Maison blanche.

«Il est fondamental que nous restions concentrés sur la poursuite de politiques permettant de soutenir les créations d’emploi et l’expansion de la classe moyenne», a-t-il ajouté dans un communiqué.

«Le fait que l’emploi se porte si bien malgré les réductions budgétaires que subit l’économie est un signe très fort de l’amélioration de l’économie», selon Russell Price, économiste chez Ameriprise Financial Services, dans le Michigan.

Pas de baisse significative du chômage

Toutefois, le nombre de création d’emplois est encore insuffisant pour permettre une baisse significative du taux de chômage. Selon les économistes, ces chiffres de l’emploi ne sont pas en mesure de modifier l’attitude de la Réserve Fédérale américaine (Fed) concernant sa politique de rachat d’actifs.

Elle a d’ailleurs confirmé mercredi le maintien de son programme de rachat de titres du Trésor et obligations hypothécaires au rythme de 85 milliards de dollars (79,3 milliards de francs) par mois pour soutenir l’activité et pourrait augmenter le rythme si besoin.

«Je ne pense pas que les chiffres d’aujourd’hui soient suffisamment forts pour éclipser totalement les faiblesses constatées dans certains secteurs, comme l’activité manufacturière et la tendance générale de la croissance économique, donc je pense que la Fed va rester pleinement engagée», a ajouté Russell Price.

Les commandes nouvelles reçues par les groupes industriels américains ont ainsi enregistré leur plus fort repli en sept mois au mois de mars. Du côté des services, la croissance de l’activité a ralenti au mois d’avril, jusqu’à tomber à un plus bas de neuf mois, montrent les chiffres publiés vendredi par l’institut ISM.

(AFP)

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