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Guerre civileLe CICR au secours des victimes du conflit soudanais

Alors que les combats se poursuivent et que les négociations de paix piétinent, le président du CICR Peter Maurer a affirmé mercredi au terme d'une visite de trois jours au Soudan du Sud que les besoins sont considérables.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution prolongeant jusqu'en mai 2021 l'embargo sur les armes et les sanctions individuelles imposés au Soudan du Sud. (29 mai 2020)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution prolongeant jusqu'en mai 2021 l'embargo sur les armes et les sanctions individuelles imposés au Soudan du Sud. (29 mai 2020)

AFP
Un délai de 100 jours a été accordé jeudi aux belligérants du conflit sud-soudanais - le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar - pour leur permettre de former un gouvernement d'union nationale. (7 novembre 2019)

Un délai de 100 jours a été accordé jeudi aux belligérants du conflit sud-soudanais - le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar - pour leur permettre de former un gouvernement d'union nationale. (7 novembre 2019)

AFP
L'ONU réclame que les coupables d'agressions sexuelles massives au Soudan du Sud soient poursuivis en justice. (Lundi 3 décembre 2018)

L'ONU réclame que les coupables d'agressions sexuelles massives au Soudan du Sud soient poursuivis en justice. (Lundi 3 décembre 2018)

AFP

«Le Soudan du Sud affronte une grave crise qui survient dans une situation déjà difficile», a affirmé le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), cité dans un communiqué diffusé mercredi 8 janvier à Genève. «Il est incontestable que les besoins sont très importants, mais leur ampleur réelle est inconnue», a-t-il ajouté.

Selon Peter Maurer, l'organisation «examine toutes les options disponibles pour apporter davantage d'aide» aux victimes des violences. Elle va augmenter son aide et lancer prochainement un appel de fonds supplémentaire.

Appel aux belligérants

«Nous avons déjà engagé une grande partie des fonds disponibles pour 2014. Nous demandons à la communauté internationale d'augmenter son aide humanitaire pour répondre aux besoins», a déclaré le président du CICR.

Peter Maurer a rencontré à Juba plusieurs représentants des autorités. Il s'est aussi rendu à Awerila, où il s'est entretenu avec des déplacés, et à Bentiu, où il a rencontré le personnel de l'hôpital et l'équipe chirurgicale de l'organisation. Mercredi, il a renouvelé son appel aux belligérants pour qu'ils épargnent les civils et facilitent l'accès des organisations humanitaires.

Le chef des opérations humanitaires de l'ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer, a de son côté affirmé que «les combats doivent simplement cesser». «Nous faisons face à une catastrophe humanitaire (...) C'est une période critique pour le pays», a-t-il assuré, cité par l'AFP.

Poursuite des combats

Sur le terrain, forces rebelles et pro-gouvernementales ont toutes deux confirmé des affrontements dans la ville stratégique de Bor (est). Actuellement tenue pas les rebelles, la ville située à 200 km au nord de Juba a changé trois fois de mains depuis le début des hostilités le mois dernier.

Depuis la localité de Minkamen, à 25 km plus au sud, un journaliste de l'AFP a constaté la présence de nombreux civils fuyant les combats. Au loin, résonnaient des tirs d'artillerie lourde. D'autres affrontements ont été signalés dans l'Etat pétrolier du Haut-Nil (nord).

Négociations suspendues

Malgré la poursuite des violences, les négociations menées à Addis Abeba étaient toujours suspendues mercredi à la suite du refus du gouvernement de Juba de libérer onze opposants qu'il accuse d'avoir voulu renverser le président Salva Kiir le mois dernier.

La population lassée des violences

Les affrontements qui ont éclaté à la mi-décembre ont fait un millier de morts et plus de 200'000 déplacés, sur fond de rivalités ethniques entre Dinka favorables au chef de l'Etat et Nuer partisans de l'ancien vice-président Riek Machar, destitué en juillet.

(ats)

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