Football: Le coach intérimaire du FC Sion présenté par ses anciens joueurs
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FootballLe coach intérimaire du FC Sion présenté par ses anciens joueurs

Le Franco-Suisse Ugo Raczynski (43 ans) a repris la destinée du club valaisan à la surprise générale.

par
Ugo Curty
Le technicien, ici sous les couleurs de Martigny Sports en 2016, s’apprête à vivre sa première expérience dans le monde professionnel.
© Gibus/Magazine «Les Étoiles du Foot»

Le technicien, ici sous les couleurs de Martigny Sports en 2016, s’apprête à vivre sa première expérience dans le monde professionnel.
© Gibus/Magazine «Les Étoiles du Foot»

Ugo Raczynski. Ce nom était inconnu, ou presque, du grand public avant l’arrivée surprise de l’entraîneur des M16 du FC Sion sur le banc de la première équipe. Pourtant, ce Franco-Suisse de 43 ans affiche déjà une longue expérience dans le football amateur, avec Vevey (2011-2015) puis Martigny (2015-2020). Trois de ses anciens joueurs, ainsi que le président veveysan, évoquent le technicien qui succède temporairement à Fabio Grosso, remercié le 5 mars dernier.

Un entraîneur-joueur à Vevey

Au stade de Copet, Ugo Raczynski a troqué le brassard de capitaine pour la casquette de coach en 2011. «Nous avions eu une hécatombe de départs, dont l’entraîneur, se souvient William Stockalper, patron du club qui s’appelle désormais Vevey United. Ugo aspirait à une carrière de technicien et il a accepté volontiers le poste.»

Son père a gagné avec Platini

Ugo est le fils de Jean-Pierre Raczynski (68 ans). Ce dernier avait notamment évolué à Nancy jusqu’en 1981. Sous les couleurs du club lorrain, l’ancien défenseur avait gagné la Coupe de France 1978. Un certain Michel Platini figurait alors dans l’équipe, comme l’a rappelé le journaliste du Temps, Laurent Favre, sur les réseaux sociaux. Trois ans plus tard, c’est avec le Lausanne-Sports que Raczynski père soulevait la Coupe de Suisse.

Sur le banc vaudois, le défenseur désormais retraité a connu de beaux succès avec une victoire en Coupe Vaudoise en 2013 et une promotion en 2e ligue inter. «C’est quelqu’un de très proche de ses joueurs, détaille Thomas Pavlik, latéral droit devenu par la suite capitaine veveysan. J’ai connu Ugo au tout début de sa carrière d’entraîneur. En tant qu’ancien joueur, il avait parfois de la peine à mettre des barrières avec les gars. Mais il a sûrement beaucoup appris et progressé depuis.»

Un coach parfois entêté

Pour sa première expérience en Suisse, Sébastien Le Neün avait été surpris (en bien) par son nouvel entraîneur en 2013. «C’était quelqu’un de très fédérateur, explique celui qui évolue aujourd’hui à Yverdon. J’arrivais de France et j’ai été étonné par la qualité des entraînements et la rigueur dans son travail. Déjà à l’époque, on sentait qu’il avait un potentiel certain.»

«Ugo, c’est quelqu’un qui a le cœur sur la main»

Joel Ndongabi, défenseur de Martigny Sports

Raczynski a quitté Vevey en 2015 pour rejoindre Martigny Sports à l’échelon supérieur (1e ligue). Il y a notamment retrouvé Joel Ndongabi, qu’il avait côtoyé comme joueur au FC Bex. «C’est quelqu’un qui a le cœur sur la main, image le numéro 18 du MS. Ugo est devenu un ami et je le considère presque comme un membre de ma famille.» Sous ses ordres, le club valaisan avait participé aux finales de promotion en 2019, sans succès.

Construire depuis l’arrière

Au niveau du jeu, l’entraîneur a toujours prôné la possession, «Il ne voulait jamais qu’on dégage le ballon mais qu’on construise le jeu vers l’avant», précise Pavlik. Un souci constant qui s’illustre dès la relance du gardien avec des passes au sol. «Si on perdait le ballon, il mettait en place un pressing intense pour rapidement le récupérer», précise Ndongabi. «Ugo veut que son équipe «joue au ballon», poursuit Le Neün. La conservation était beaucoup travaillée à l’entraînement avec différents exercices. Dans le recrutement des joueurs aussi, il cherchait des joueurs qui collaient avec cette philosophie.»

Arrivé à la fin du second cycle de sa carrière, l’entraîneur avait quitté ses fonctions en octobre dernier, après des frictions avec le désormais ex-président Fabrice Martina. «Ugo peut parfois être un peu entêté, têtu», glisse Joel Ndongabi après plusieurs relances sur les éventuels défauts du technicien. Libre de tout contrat, Raczynski avait rejoint le FC Sion en décembre pour y entraîner les M16.

Responsable RH

Tous louent les qualités de communication du Franco-Suisse de 43 ans, responsable des ressources humaines dans une célèbre entreprise de la grande distribution. Un savoir-faire RH qui pourra être un atout précieux dans le contexte sédunois animé et instable. «Son travail ne peut que l’aider dans la gestion d’un vestiaire», appuie Le Neün. «Les conflits et les contentieux, ça le connaît», s’amuse Ndongabi. «Ugo est très intelligent et réfléchi, confirme Stockalper. C’est aussi un bon orateur qui saura fédérer.»

«Ce sont les joueurs qui font un entraîneur. Cela va donc aussi dépendre de la réaction du groupe valaisan, de son engagement pour ce qui est devenu une mission maintien»

Sébastien Le Neün, défenseur à Yverdon-Sport et ex-joueur de Raczynski à Vevey

Et s’il s’imposait?

Il est impossible de savoir combien de temps l’intérimaire Ugo Raczynski restera en poste au FC Sion où la durée de vie de tous les entraîneurs est limitée. Le club de Christian Constantin n’a d’ailleurs pas officiellement communiqué sur la promotion du Franco-Suisse en première équipe. «Au final, ce sont les joueurs qui font un entraîneur, se projette l’expérimenté Sébastien Le Neün. Cela va donc aussi dépendre de la réaction du groupe, de son engagement pour ce qui est devenu une mission maintien.»

Peu importe l’issue et la durée de sa première pige à Tourbillon, il y a fort à parier qu’Ugo Raczynski se fasse un nom dans le football suisse, à en croire ses anciens protégés.

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