Actualisé 10.11.2016 à 06:04

ItalieLe Colisée menacé par l'arrêt des travaux du métro

Le monument romain a besoin d'être rénové d'urgence. Mais le financement est stoppé.

Le Colisée, à Rome, doit être renforcé d'urgence.

Le Colisée, à Rome, doit être renforcé d'urgence.

Keystone

La maire de Rome a décidé d'arrêter le financement de la nouvelle ligne du métro, dont la facture s'est envolée. Mais ce choix menace des travaux urgents de consolidation du Colisée, liés à l'avancée du projet.

«Quatre millions d'euros ont été alloués en 2014 à la consolidation du Colisée en compensation des travaux prévus pour la construction de la ligne C du métro», a expliqué à l'AFP un porte-parole de la surintendance des Biens archéologiques de Rome. Le tracé du transport public doit passer à proximité du monument.

Une somme bloquée depuis deux ans et qui, selon lui, pourrait le rester indéfiniment. La nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi (Mouvement 5 étoiles, anti-partis) a récemment décidé d'arrêter le financement de la nouvelle ligne en raison de l'envolée de son coût.

Lancé en 2007, le chantier qui doit relier le nord-est au sud-est de la capitale italienne, a subi d'importants retards. Recours successifs d'opposants et multiples découvertes archéologiques sur son parcours en sont la cause.

Conséquence: la facture est passée de 2,2 milliards d'euros à quelque 3,7 milliards en moins de dix ans, selon des chiffres communiqués par la municipalité.

«Honteuse gabegie»

Une «honteuse gabegie d'argent public» pour Virginia Raggi, qui vient d'annoncer la liquidation de la société chargée de superviser le projet, Roma Metropolitana. La ligne C s'arrêtera au Colisée (ouverture de la station prévue aux environs de 2020), a donc décidé la maire, laissant la suite du tracé prévu dans le flou.

Un changement de programme dont le Colisée pourrait faire les frais, selon la surintendance des Biens archéologiques, organisme chargé de la préservation du patrimoine antique de Rome, et rattaché au ministère italien de la Culture.

«En liquidant Roma Metropolitana, la maire de Rome nous prive d'interlocuteur et donc des financements nécessaires à la consolidation urgente du Colisée», a expliqué un de ses porte-parole.

Urgence

«Le Colisée ne peut plus attendre», a martelé son patron Francesco Prosperetti devant des journalistes italiens. Il a menacé d'ordonner l'arrêt des travaux de forage du métro qui, à l'approche de l'édifice antique, pourraient l'endommager.

«En tant que citoyen, cela me déplairait d'avoir à bloquer les travaux du métro mais comme responsable du monument, je ne peux pas faire autrement», a-t-il prévenu. Il a également expliqué que les murs intérieurs du dernier étage du Colisée, un niveau fermé au public, «présentait des risques et que des fragments de pierres tombaient fréquemment».

«Cette partie interne du dernier anneau, qui est incomplet, constitue le point faible de l'édifice», soulignent les services archéologiques de Rome.

Plusieurs séismes

L'extérieur du monument le plus célèbre d'Italie avait, lui, retrouvé sa splendeur antique en juin après une campagne de restauration de trois ans financée, à hauteur de 25 millions d'euros, par le chausseur de luxe Tod's. Une cure de jouvence qui visait à retirer des façades des siècles de poussière et des décennies de pollution.

A la suite des récents séismes dans le centre de l'Italie, le monument vieux de 2000 ans et qui accueille chaque année quelque 6,5 millions de visiteurs, a été examiné et partiellement fermé au public.

Considéré comme le plus grand amphithéâtre de l'empire romain, il a cependant survécu à plusieurs tremblements de terre dont ceux de 1349, qui a détruit son mur sud, et de 1703.

(AFP)

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