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VenezuelaLe «Comandante» repose le visage serein

En impeccable costume militaire vert olive, cravate noire, coiffé de son légendaire béret rouge, Hugo Chavez arbore un visage serein, figé dans la mort, à travers la vitre qui recouvre son cercueil.

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La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner et le vice-président vénézuélien Nicolas Maduro.

La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner et le vice-président vénézuélien Nicolas Maduro.

Reuters
Le vice-président Nicolas Maduro accompagné du ministre de la Défense Diego Molero.

Le vice-président Nicolas Maduro accompagné du ministre de la Défense Diego Molero.

AFP
Une femme prise de malaise au milieu de la foule.

Une femme prise de malaise au milieu de la foule.

AFP

Comme des milliers de Vénézuéliens, une journaliste a fait la queue pendant des heures pour pouvoir apercevoir, quelques secondes, la dépouille du chef de l'Etat vénézuélien, exposée dans le hall du Salon d'honneur de l'Académie militaire de Caracas.

Un drapeau vénézuélien recouvre le cercueil de bois clair. Il est flanqué par une garde d'honneur de l'armée de Terre, de la Marine, de l'armée de l'Air et de la Garde Nationale.

A la tête du cercueil, une grande croix dorée. A ses pieds, une épée d'or, symbole du Libérateur Simon Bolivar. Sur le côté, une bougie, dont la flamme ne cesse de vaciller.

Le cercueil est ouvert jusqu'à mi-corps, la partie supérieure laissant voir la tête et le torse de Hugo Havez. Il porte en ceinture une large écharpe rouge sur laquelle est brodée en fil doré l'inscription «Milicia», un corps de 120'000 civils en armes qu'il avait créé.

Dizaine de milliers de fidèles

Impossible de s'attarder. Ils sont des dizaines de milliers à attendre leur tour derrière. Tous veulent graver dans leur mémoire une ultime image du leader bolivarien, omniprésent dans leurs vies depuis quatorze ans. Chacun passe brièvement devant le cercueil, à tour de rôle, après des heures d'attente.

Depuis les hauteurs du salon, une caméra officielle filme fixement ce défilé dont les images sont retransmises sans interruption à la télévision nationale, sans jamais montrer le visage du défunt président. Il est rigoureusement interdit de prendre des photos.

Des dizaines de milliers de partisans, portant en majorité la chemise rouge des Chavistes, arrivent finalement ici, épuisés, se poussant les uns les autres jusqu'à l'exaspération, au terme d'interminables heures d'attente. Ils ont soif. Ils ont faim.

Inconsolables

Mais personne ne renoncerait pour rien au monde à ces quelques secondes de recueillement en tête-à-tête. Chacun veut dire «un ultime adieu au Comandante». Inconsolables, beaucoup ne peuvent s'empêcher d'éclater en sanglots devant le cercueil. Certains font le signe de croix. D'autres lèvent leur main droite au front pour effectuer un sec salut militaire.

«Il parlait beaucoup tu sais?», commente au milieu de la file d'attente, Petra Meza, une femme au foyer de 66 ans. «Sa voix, ses chansons, ses paroles, sa façon de parler au peuple vont me manquer».

(ats/afp)

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