21.02.2013 à 11:02

LégislativesLe comique Beppe Grillo va arbitrer les élections en Italie

L’Italie s’approche des législatives de dimanche et lundi dans une incertitude croissante sur leur issue et la stabilité du futur gouvernement. Le résultat dépendra notamment du vote protestataire recueilli par Beppe Grillo, sorte de Coluche à l’italienne.

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La coalition centre-gauche de Pier Luigi Bersani, a remporté le plus de voix dans les deux chambres du Parlement, mais elle n'obtient une majorité de sièges qu'à la Chambre des députés. Elle rafle 29,55% des voix, contre 29,18% à la coalition de droite de Silvio Berlusconi, Diplômé de philosophie, après une brève expérience d'enseignant, il entre au Parti communiste, qui disparaîtra en 1991 avec l'effondrement de l'URSS. Il rejoint ensuite le Parti démocrate de la gauche (PDS), devenu depuis 2007 le Parti Démocrate (PD), dont il devient le patron en 2009.Apprécié des  milieux économiques et industriels, il promeut une vague de privatisations dans des secteurs aussi différents que l'électricité ou la vente de médicaments en supermarché.

La coalition centre-gauche de Pier Luigi Bersani, a remporté le plus de voix dans les deux chambres du Parlement, mais elle n'obtient une majorité de sièges qu'à la Chambre des députés. Elle rafle 29,55% des voix, contre 29,18% à la coalition de droite de Silvio Berlusconi, Diplômé de philosophie, après une brève expérience d'enseignant, il entre au Parti communiste, qui disparaîtra en 1991 avec l'effondrement de l'URSS. Il rejoint ensuite le Parti démocrate de la gauche (PDS), devenu depuis 2007 le Parti Démocrate (PD), dont il devient le patron en 2009.Apprécié des milieux économiques et industriels, il promeut une vague de privatisations dans des secteurs aussi différents que l'électricité ou la vente de médicaments en supermarché.

AFP
Comparé à Coluche dans sa version italienne, Beppe Grillo est plus que jamais le poil à gratter de la classe politique italienne. Son Mouvement 5 Etoiles (M5S) obtient aux alentours de 25% dans chacune des deux chambres. Il est devenu ainsi la troisième force politique du pays. Porté par un rejet massif des partis traditionnels, ce blogueur de 64 ans, rejette les médias traditionnels. Il préfère s'exprimer à travers les réseaux sociaux et son blog, le plus lu d'Italie.  Fervent partisan de la démocratie directe, il rêve de «citoyens qui s'élisent entre eux» grâce à son mouvement, «un instrument au service des citoyens pour qu'ils puissent s'administrer eux-mêmes».

Comparé à Coluche dans sa version italienne, Beppe Grillo est plus que jamais le poil à gratter de la classe politique italienne. Son Mouvement 5 Etoiles (M5S) obtient aux alentours de 25% dans chacune des deux chambres. Il est devenu ainsi la troisième force politique du pays. Porté par un rejet massif des partis traditionnels, ce blogueur de 64 ans, rejette les médias traditionnels. Il préfère s'exprimer à travers les réseaux sociaux et son blog, le plus lu d'Italie. Fervent partisan de la démocratie directe, il rêve de «citoyens qui s'élisent entre eux» grâce à son mouvement, «un instrument au service des citoyens pour qu'ils puissent s'administrer eux-mêmes».

AFP
Ce scrutin est un camouflet pour le président du Conseil sortant, l'ancien commissaire européen Mario Monti, dont l'alliance centriste n'arrive qu'en quatrième position. Le «Professeur» Mario Monti, 69 ans, a dirigé l'Italie pendant un peu plus d'un an jusqu'à sa «montée en politique» le 23 décembre.Aux yeux de son électorat, évalué à entre 10% et 15%, le «Professeur» jouit de l'aura d'une carrière remarquable: un diplôme d'économie à la prestigieuse Université Bocconi de Milan, suivi d'études à Yale auprès du futur Prix Nobel James Tobin puis l'enseignement à la Bocconi dont il deviendra recteur puis président à partir de 1994, poste dont il est encore titulaire.

Ce scrutin est un camouflet pour le président du Conseil sortant, l'ancien commissaire européen Mario Monti, dont l'alliance centriste n'arrive qu'en quatrième position. Le «Professeur» Mario Monti, 69 ans, a dirigé l'Italie pendant un peu plus d'un an jusqu'à sa «montée en politique» le 23 décembre.Aux yeux de son électorat, évalué à entre 10% et 15%, le «Professeur» jouit de l'aura d'une carrière remarquable: un diplôme d'économie à la prestigieuse Université Bocconi de Milan, suivi d'études à Yale auprès du futur Prix Nobel James Tobin puis l'enseignement à la Bocconi dont il deviendra recteur puis président à partir de 1994, poste dont il est encore titulaire.

AFP

Selon les derniers sondages, le centre-gauche de Pier Luigi Bersani bénéficie d’une avance de seulement 2,5 à 4,5 points sur la droite de Silvio Berlusconi. Mais l’annonce de la démission du pape Benoît XVI a tout chamboulé, faisant passer au deuxième plan les talk shows et interviews grâce auxquels le Cavaliere a opéré une remontée spectaculaire depuis décembre.

«L’annonce du pape a bloqué le vent qui soufflait dans les voiles de Berlusconi», a expliqué à l’AFP le politologue Roberto D’Alimonte. «Elle lui a retiré de l’espace et de la visibilité, et à cela est venu s’ajouter (au festival de la chanson de) San Remo», suivi tous les soirs par onze à quinze millions de personnes.

Petite majorité

L’Italie vit en effet une drôle de campagne où les candidats au poste de Premier ministre, y compris l’actuel chef de gouvernement Mario Monti, ont misé sur la télévision et le Net pour défendre leurs idées.

Le Parti démocrate (PD) de M. Bersani est donné vainqueur avec 33 à 34% des suffrages, contre 28,5% à 30,5% pour la coalition regroupant le Peuple de la liberté (PDL) de M. Berlusconi et la Ligue du Nord.

C’est peu mais suffisant décrocher une confortable majorité à la Chambre des députés. Mais le PD se fait rogner aux entournures par un nouveau mouvement du juge sicilien Antonio Ingroia, Révolution civile. «Le maximum de ce que peut espérer Bersani c’est rester à peu près au même niveau que maintenant», estime M. D’Alimonte.

Le «tsunami» Grillo

Une des grandes inconnues du scrutin réside dans la performance de Beppe Grillo qui, avec ses propositions pour réduire drastiquement le nombre de parlementaires, aider les PME et accorder un revenu minimum aux sans emplois, est crédité de 14 à 18% des voix, voire davantage.

De tous les candidats, il est le seul à braver le froid et la pluie avec deux ou trois meetings quotidiens dans un «Tsunami Tour» en camping-car qui écume les places de la péninsule. Pour le professeur D’Alimonte, «il est possible que le soir du vote, il s’adjuge 20%, autant que le PDL de Berlusconi».

Incertitude au Sénat

La performance de M. Monti est également un point d’interrogation. Pour le moment, il est crédité de 10 à 14% des intentions de vote mais en tant que chef du gouvernement sortant, il pâtit fortement de la crise qui frappe l’Italie (-2,2% du PIB en 2012).

L’issue du scrutin se jouera surtout au Sénat où la loi électorale prévoit une prime de majorité par région. L’alliance PDL/ Ligue du nord s’est lancée dans une bataille sans merci pour l’emporter en Lombardie, son fief, ainsi qu’en Sicile, Vénétie et Campanie.

Mais, selon M. D’Alimonte, «dernièrement Grillo pique des voix à Berlusconi et à la Ligue», et non plus seulement à la gauche, après des scandales qui ont touché des personnalités de droite comme le président de la Lombardie, Roberto Formigoni (PDL).

Le pire scénario

Ce phénomène «perceptible en Lombardie pourrait favoriser une victoire de Bersani dans les deux chambres», a jugé le professeur D’Alimonte. Selon lui, «il y a encore 10% de vrais indécis».

Le pire scénario serait que l’Italie se retrouve au soir du 25 février avec une majorité différente à la Chambre et au Sénat, alors que les deux assemblées ont le même poids en Italie. Cette hypothèse d’ingouvernabilité inquiète les marchés et partenaires de l’Italie. Mais les politologues la jugent improbable.

Pacte Bersani-Monti

En cas d’impasse, un pacte est en effet déjà envisagé entre la gauche et la coalition de centre-droit de M. Monti qui pourrait devenir au ministre de l’Economie ou obtenir la présidence du Sénat.

Dans un tel cas de figure se poseraient toutefois des problèmes de cohabitation entre M. Monti et Nichi Vendola, chef du petit parti SEL (gauche radicale) et allié clé du PD. Deux hommes qui sont «à des années-lumière en termes de vision du monde», selon le mot de Mario Monti.

(AFP)

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