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Affaire VatileaksLe complice présumé du majordome du pape jugé au Vatican

Le procès d’un informaticien dans l'affaire des fuites du Vatican a débuté devant le tribunal du petit Etat. Il pourrait révéler si Paolo Gabriele bénéficiait de complices dans la livraison de documents confidentiels à la presse italienne.

Ici Paolo Gabriele (deuxième depuis la droite) écoute la sentence, rendue le 6 octobre dernier par le Tribunal du Vatican un an et demi de prison. Qu'en sera-t-il pour Claudio Sciarpelletti?

Ici Paolo Gabriele (deuxième depuis la droite) écoute la sentence, rendue le 6 octobre dernier par le Tribunal du Vatican un an et demi de prison. Qu'en sera-t-il pour Claudio Sciarpelletti?

AFP

L’audience s’est ouverte à 9H17, a indiqué un porte-parole du Vatican, sans dire si l’informaticien était présent ou représenté par son avocat. Ni photographes ni cameramen ne sont admis dans la salle, Seul un groupe très restreint de journalistes peut assister aux audiences et ne peut transmettre les informations qu’à la fin des débats.

Claudio Sciarpelletti, un Italien de 48 ans qui travaillait à la secrétairerie d’Etat - le gouvernement du Saint-Siège -, est accusé d’avoir aidé Paolo Gabriele à transmettre à des médias des documents pontificaux dérobés dans les appartements du pape.

Querelles de la bureaucratie vaticane

Sur la liste des témoins de ce nouveau procès des «VatiLeaks» figurent le garde du corps de Benoît XVI, un commandant des Gardes suisses et un responsable de la sécurité du Saint-Siège lié à une société italienne spécialisée dans la détection d'appareils d'espionnage.

L'ex-majordome du pape, Paolo Gabriele, condamné début octobre à un an et demi de prison pour le vol de documents confidentiels du souverain pontife qu'il a remis à un journaliste, est également attendu à la barre. L'affaire a révélé au grand jour les querelles de la bureaucratie vaticane, des intrigues et des allégations de corruption.

Rôle minimisé

Lorsque l’affaire a éclaté, le Vatican a minimisé le rôle qu’il a joué et son procès, qui se tient dans la même salle d’audience, quatre semaines après la condamnation du majordome, pourrait être plus court encore que le précédent, qui n’avait duré que quatre sessions avant de condamner l’ex-majordome du pape à 18 mois de prison.

Ce second procès pourrait éclairer les éventuelles complicités dont aurait bénéficié le majordome. Début octobre, le procès de M. Gabriele, circonscrit aux circonstances du vol de documents, n’avait pas permis d’élucider cet aspect.

Enveloppe-mystère

Les enquêteurs ont découvert dans le bureau de M. Sciarpelletti une enveloppe fermée adressée à Paolo Gabriele portant la mention «personnel». Elle contenait des documents liés au chapitre d’un livre sur la corruption et les intrigues au Vatican du journaliste italien Gianluigi Nuzzi, auquel Paolo Gabriele a remis des documents confidentiels.

M. Sciarpelletti s’est contredit sur la provenance de cette enveloppe. Il a d’abord affirmé que M. Gabriele la lui avait donnée pour savoir son avis sur son contenu, puis qu’un prélat italien travaillant à la secrétairerie d’Etat la lui avait remise.

Après avoir envisagé un temps de l’inculper pour complicité directe de vol aggravé, violation de secret d’Etat et obstruction à la justice, les procureurs ont finalement opté pour des charges moins graves: M. Sciarpelletti est poursuivi pour avoir aidé et encouragé M. Gabriele. Il risque jusqu’à douze mois de prison.

Parmi les témoins convoqués à la barre figure Paolo Gabriele, mais aussi le responsable de la sécurité au sein de la Garde suisse pontificale, le major William Kloter, et le chef de la Gendarmerie vaticane, Domenico Giani.

(ats, AFP, REUTERS, sipa)

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