Vengeance: Le complot contre Christoph Blocher resurgit à Berne
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VengeanceLe complot contre Christoph Blocher resurgit à Berne

Quatorze ans après l'affront fait à Christoph Blocher, l'UDC se souvient que le procureur fédéral PDC Alberto Farri aurait été un des membres de la «conjuration». Il ne veut pas de lui au Tribunal de Bellinzone

par
lematin.ch
Le 12 décembre 2007, Christoph Blocher vient d'apprendre qe le Parlement ne l'a pas réélu pour un deuxième mandat. Aujourd'hui l'UDC ne veut pas du procureur bâlois Alberto Fabbri au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Il l'accuse d'avoir fait partie du complot contre lui.

Le 12 décembre 2007, Christoph Blocher vient d'apprendre qe le Parlement ne l'a pas réélu pour un deuxième mandat. Aujourd'hui l'UDC ne veut pas du procureur bâlois Alberto Fabbri au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Il l'accuse d'avoir fait partie du complot contre lui.

DR, Keystone

La vengeance est un plat qui se mange froid, en l'occurrence très froid puisque les faits remontent à 2007, lors de la non-réélection de Christoph Blocher. En 2020, cette vengeance frappe le premier procureur du canton de Bâle, Alberto Fabbri, qui est présenté au Parlement durant cette session d'été pour être élu au Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. A l'unanimité, le groupe UDC n'en veut pas.

La démission de Valentin Roschacher

Durant son mandat (2003-2007), Christoph Blocher était entré en conflit avec le procureur de la Confédération, Valentin Roschacher, qui avait été forcé de démissionner en 2006. Christoph Blocher était alors à la tête du Département de justice et police, qui avait le contrôle du Ministère public de la Confédération (ce qui a changé depuis). A l'époque, il était soupçonné d'avoir fait pression sur le procureur afin de protéger un banquier privé de son entourage impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent par un mystérieux informateur colombien...

Scandale deux mois avant l'élection

Christoph Blocher avait alors démenti toute implication, mais un rapport de la Commission de gestion du Conseil national avait mis à jour des interactions entre le ministre de la justice dans le processus qui avait amené à la démission du procureur. Ces événements intervenaient deux mois avant la réélection du Conseil fédéral le 12 décembre 2007, qui fut fatale au tribun zurichois. Pour faire son rapport, la Commission de gestion avait tenu une séance d'informations avec trois membres du Ministère public de la Confédération, dont le procureur fédéral Alberto Fabbri, actuellement premier procureur du canton de Bâle.

Un des acteurs de la «conjuration»

Durant cette session d'été, Alberto Fabbri, 53 ans, est présenté par le PDC pour être élu par le Parlement comme juge au Tribunal pénal fédéral. Dans un communiqué publié mardi, le groupe UDC des Chambres écrit: «Il est en effet établi que cet homme était en 2007 l'un des acteurs de la conjuration contre Christoph Blocher, alors ministre de la justice (...) Il est également prouvé qu'Alberto Fabbri avait sciemment trompé la commission de gestion parlementaire dans l'affaire Valentin Roschacher. Partant de ces constats, il semble évident que Fabbri n'a pas les qualités caractérielles qu'exige une des fonctions judiciaires les plus importantes de la Confédération.»

D'un complot à l'autre

En 2011, soit quatre ans après les faits, la délégation des Commissions de gestion des Chambres fédérales avait fini par conclure qu'aucun élément n'avait corroboré l'hypothèse d'un complot mené par Christoph Blocher «pour destituer ou affaiblir l'ex-procureur général de la Confédération Valentin Roschacher». Par contre l'UDC persiste à penser que c'est bien l'inverse qui s'est produit contre son éminent représentant zurichois. Le scandale de l'affaire Roschacher avait en effet dominé l'actualité les semaines précédant sa non-réélection.

Election le 17 juin

L'élection d'Alberto Fabbri est prévue le mercredi 17 juin. D'après la Commission judiciaire, présidée par le conseiller aux Etats Andrea Caroni (PLR/AE): «L'ensemble des groupes parlementaires ayant soutenu ses recommandations, la commission a décidé, le 3 juin 2020, de proposer définitivement à l'Assemblée fédérale d'élire Monsieur Alberto Fabbri». Apparemment, depuis le 3 juin, un des groupes a changé d'avis.

Eric Felley

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