Formule 1 - Le concept de «pole-position» a pris un coup sur la tête
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Formule 1Le concept de «pole-position» a pris un coup sur la tête

Après avoir signé le meilleur chrono des qualifications, Lewis Hamilton partira 11e en Turquie en raison d’une pénalité pour changement de moteur. La partie s’annonce difficile pour le pilote Mercedes.

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Sport-Center
Yannick Michel/LM

Pole ou pas pole?

Cette année, le concept de «pole-position» a pris un coup sur la tête avec l’apparition des courses «sprint» du samedi. Car pour les livres de statistiques, le pilote qui est en pole-position de ces Grands-Prix n’est pas celui qui a signé le meilleur chrono, lors de la séance qualificative du vendredi, mais celui qui a remporté la course sprint du samedi.

En Turquie, nouveau défi pour les statisticiens: Lewis Hamilton s’est montré le plus rapide de la séance qualificative. À la fin de celle-ci, il a même signé le pneu Pirelli miniature que reçoit symboliquement le vainqueur de la pole-position… pour apprendre quelques minutes plus tard qu’il perdait cette pole au profit de Valtteri Bottas, détenteur du deuxième chrono. «Comment ça, je n’ai pas la pole? Oh, m(…) alors», lâcha Lewis Hamilton en arrivant dans la salle de presse après les qualifications. «Dans les faits, j’ai la pole. Je ne pense pas qu’une pénalité devrait changer cette réalité… Bon, ça n’est pas si grave, je m’en moque un peu, pour être franc.»

À ses côtés, Valtteri Bottas partageait l’avis de son équipier: «Il me semble que lors des week-ends sprints, celui qui signe le meilleur chrono des qualifications du vendredi devrait être crédité de la pole. Point. Et dans une situation comme celle d’aujourd’hui, c’est Lewis qui devrait l’avoir aussi. Ce n’est pas correct de la lui enlever. Cela dit, je prends volontiers le pneu qui symbolise la pole…» «Je l’ai déjà signé, tu peux l’avoir!» lui a répondu Lewis Hamilton.

À noter que Max Verstappen, lui aussi présent, partageait l’avis des deux pilotes Mercedes et regrettait que la pole ne soit pas attribuée à Lewis Hamilton, quand bien même il partira onzième cet après-midi (départ à 14 heures).

Remontée difficile

En partant de la onzième place, Lewis Hamilton n’aura pas la course facile - il a pu s’en rendre compte en Russie, il y a deux semaines, lorsqu’il restait englué dans le peloton. «L’équilibre de ma voiture est assez bon, je crois, disait-il hier. Et cette piste est passablement agressive sur les pneus, alors il faudra voir à quel point ils se dégradent, c’est là que ça pourrait se jouer. Mais dépasser ici ne sera pas facile sur piste sèche. On a tous vu en Russie à quel point c’est délicat quand il y a un petit train de voitures qui utilisent toutes leur DRS dans les lignes droites, parce qu’elles ont toutes une autre voiture juste devant elles. Ce sera sûrement pareil ici… cela dit, c’est une longue course, j’espère qu’il pleuve un peu pour la pimenter. La victoire sera difficile, mais pas impossible.»

L’an dernier, le Britannique était parti de la sixième place de la grille avant de remporter la course, sous une pluie battante et avec un revêtement nettement plus glissant qu’il ne l’est cette année.

Max en attente

Depuis le début du week-end, vendredi, Max Verstappen n’est pas très satisfait de sa Red Bull RB16B. Au terme des deux séances de vendredi, le Néerlandais parlait d’un «méli-mélo» de réglages que l’écurie a passé sa nuit de vendredi à samedi à essayer de résoudre.

À l’usine de Milton Keynes, en Angleterre, Sébastien Buemi a tourné toute cette nuit de vendredi à samedi, dans le simulateur de l’écurie, pour résoudre le problème de tenue de route dont souffrait Max Verstappen. Avec un certain succès. «Nous avons bien amélioré la voiture comparée à la situation de vendredi, quand nous ne savions pas trop comment rendre la voiture plus rapide», confirme le Néerlandais. «En qualifs, c’était mieux mais pas encore parfait. Cela dit, je suis assez satisfait de me retrouver en première ligne, et assez content de mon tour lui-même, je ne peux pas me montrer trop déçu…»

Pour la course, toutefois, le pilote Red Bull ne se révélait pas très optimiste. «Franchement, deuxième sur la grille, c’est le mauvais côté de la piste. C’est l’intérieur du virage, il n’y a aucune adhérence à cet endroit, personne n’y passe! Alors on va voir. Ici, il faut reconnaître qu’on n’a pas le rythme pour battre les Mercedes, alors je vais juste essayer de suivre et de voir ce qu’on peut faire…»

La saison 2022 sur 23 courses et 7 sprints

Petit à petit, Stefano Domenicali dévoile ses plans. Le patron de Liberty Media, la société qui détient les droits commerciaux de la F1, a annoncé sur la chaîne de télévision anglaise Sky qu’il comptait organiser «au moins» sept courses sprint la saison prochaine. «Nous avons dit que nous en aurions trois cette année, pour voir, puis que nous analyserions comment développer le produit. Jusqu’ici, on en a eu deux (à Silverstone et à Monza, ndlr), et les commentaires sont positifs dans leur immense majorité, sans compter que les promoteurs des courses sont ravis que leurs week-ends soient plus attirants pour les spectateurs.»

En 2022, il est prévu d’organiser 23 Grands Prix entre mi-mars et mi-novembre (pour terminer la saison avant la Coupe du monde de football au Qatar). Une saison tellement dense que Stefano Domenicali pense réduire les week-ends de course de 4 à 3 jours.

Depuis la nuit des temps, les pilotes et ingénieurs arrivent sur les circuits le jeudi (les mécaniciens sont là bien plus tôt) pour les diverses conférences de presse. Le jeudi serait ainsi supprimé, les conférences de presse se tiendraient le vendredi matin, et les premiers essais libres le vendredi après-midi. «Tout ce qui peut soulager la charge de travail de nos équipes est bienvenu», commente Günther Steiner, le patron de l’équipe Haas.

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