Grande-Bretagne - Le concours des crieurs publics aura lieu… par écrit
Publié

Grande-BretagneLe concours des crieurs publics aura lieu… par écrit

En raison du coronavirus, le championnat ne pourra se tenir en public et les candidats ne seront jugés que sur le contenu de leur message: une grande première!

par
Michel Pralong
Le champion 2018, au centre, Michael Wood, du Yorkshire de l’Est.

Le champion 2018, au centre, Michael Wood, du Yorkshire de l’Est.

The Loyal Company of Town Criers

C’est une tradition qui remonte au moins au XIe siècle et à l’invasion normande puisque deux crieurs publics, avec leur cloche, sont visibles sur la tapisserie de Bayeux. Ces «bellmen» informent la population des dernières nouvelles et lois, en agitant leur cloche, en commençant leur message par le «Oyez, oyez» français et en terminant par «Dieu sauve la reine (ou le roi)».

Chaque année, la Loyal Company of Town Criers organise les championnats britanniques du meilleur crieur public. Chaque année… sauf en 2020 où, coronavirus oblige, une manifestation où l’on crie, en public n’a évidemment pas pu se tenir. Et en 2021, même si la Grande-Bretagne se déconfine gentiment, pas question de prendre le moindre risque: pas de concours public.

Ne pénaliser personne

Mais le championnat aura tout de même lieu, explique la BBC. Il aurait pu se faire en demandant à chaque candidat d’envoyer une vidéo de son cri. Sauf que, fair-play britannique oblige, les organisateurs estiment que cela pénaliserait ceux qui ne savent pas faire une vidéo de qualité. Le concours se fera donc… par écrit!

D’habitude, le jury examine trois parties d’un cri: son volume et sa clarté, la diction et l’inflexion et, enfin, son contenu. Car le crieur public délivre un message, qu’il doit composer selon le thème de l’année. Pour 2021, ce sera nature et environnement et les centaines de candidats qui se sont inscrits pour cette édition devront écrire un texte de 140 mots.

La chance pour un outsider

Pour le crieur de Dorchester, dix fois vainqueur du concours, même si le contenu du message est important, juger sans le son fait que la compétition ne sera plus la même. Pour la crieuse de Barnoldswick, cela pourrait changer la donne puisque, habituellement, ce sont toujours les crieurs les plus expérimentés qui gagnent alors que cette fois, en ne jugeant que sur l’écrit, un outsider pourrait l’emporter. Mais elle espère que tous pourront redonner de la voix en 2022: «Nous sommes bruyants, fiers et nous sommes toujours là!» Le gagnant de l’édition 2021 sera annoncé en mai.

Votre opinion