02.01.2018 à 09:22

MystèreLe conducteur brûlé vif devait faire danser au réveillon

Le musicien retrouvé mort dimanche dans sa Toyota hybride calcinée avait prévu de jouer le soir du drame dans un centre de loisirs.

par
Vincent Donzé
Le corps calciné de José B. (encadré) a été découvert dans sa voiture dans cette station-service des Breuleux (JU).

Le corps calciné de José B. (encadré) a été découvert dans sa voiture dans cette station-service des Breuleux (JU).

DR

En 24 heures, le mystère de la voiture calcinée dans une station-service des Breuleux (JU) ne s’est pas dissipé. Pourquoi la Toyota hybride s’est-elle enflammée devant la pompe à essence ? Pourquoi le conducteur est-il resté bloqué dans l’habitacle ? Ces questions étaient sur toutes les lèvres, hier, dans les Franches-Montagnes.

Rétroactivement, le sentiment d’avoir échappé à une explosion des citernes n’inquiète plus les villageois. «Mon mari m’a expliqué le fonctionnement des clapets qui stoppent le feu», dit une automobiliste arrêtée devant un distributeur automatique encore en fonction devant la station-service. Ce que les villageois évoquent, c’est la problématique de la Toyota hybride, avec ses modèles rappelés en 2016 pour le remplacement d’un support d’aspiration de carburant. La fissure redoutée sur le bord de conduit d’évacuation des vapeurs pouvait conduire à une fuite et augmenter le risque d’incendie. Qu’en est-il en 2018 ? Question posée à Toyota Suisse, restée sans réponse hier.

Un «gros boum»

Localiser le foyer du sinistre, c’est la tâche confiée à la police scientifique de Lausanne. Mais la première clarification attendue par le procureur jurassien Daniel Farine viendra de l’autopsie: de quoi est mort le conducteur ? Si la police judiciaire n’a pas formellement établi son identité, les proches savent qu’il s’agit de José B., un musicien discret, professeur de guitare, animateur de soirée et concertiste. Le soir du drame, il devait animer dès 19 h le banquet de la Saint-Sylvestre, au restaurant du Centre de loisirs des Franches-Montagnes de Saignelégier, à dix minutes en voiture de son domicile.

«On s’est vu deux jours plus tôt pour tout finaliser», témoigne un sommelier. Le musicien devait passer à Saignelégier dimanche à 10 h pour installer son clavier et sa sono. C’est probablement l’itinéraire qu’il avait prévu en passant par la station-service proche de chez lui. Itinéraire stoppé à 9 h 20 par un «gros boum», selon l’expression d’une voisine des lieux du drame.

Le retard du musicien ne soulevait pas d’inquiétude particulière jusqu’au moment où un policier a prévenu le Centre de loisirs des Franches-Montagnes: «Ne l’attendez pas», a-t-il dit, sans autre explication. José B. a été remplacé au pied levé par un musicien de Glovelier, d’abord contrarié, puis solidaire dans l’adversité. C’est que, entre-temps, le lien entre le guitariste absent et la voiture calcinée a été fourni par une clinique du Noirmont, où travaille l’amie du défunt.

Enseignant apprécié

Cette infirmière a perdu son compagnon, et trois adolescentes leur père. «Ses élèves et leurs parents l’aimaient beaucoup», témoigne le maire des Breuleux, Renaud Baume. Amateur de ski, le guitariste enseignait notamment à l’École jurassienne et conservatoire de musique (EJCM), où un doyen le percevait comme un homme «sans problème». Dans son immeuble, les voisins ne croient pas à l’hypothèse d’un suicide. «Deux jours plus tôt, on discutait de ses prochaines randonnées», raconte l’un d’eux.

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