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SyrieLe conflit s'approche des frontières turques

Pour la cinquième journée consécutive, les forces turques ont effectué dimanche des tirs de représailles à la frontière syrienne.

L'armée turque à la frontière syrienne.

L'armée turque à la frontière syrienne.

AFP

Les rebelles se sont emparés d'un avant-poste de l'armée syrienne sur une colline dominant un village turc de la province limitrophe de Hatay.

L'artillerie turque a riposté dimanche peu après une nouvelle frappe d'obus syrien sur la ville frontalière d'Akçakale, a rapporté l'agence de presse turque Dogan. L'obus est tombé dans le jardin d'un bâtiment public évacué au préalable par les autorités, selon la chaîne d'information NTV.

Cinq civils turcs avaient été tués par un obus de mortier syrien mercredi dans cette agglomération, déclenchant ce qui constitue la plus importante escalade de violence dans une zone frontalière depuis le début du conflit syrien en mars 2011.

Au-dessus d'un village turc

De leur côté, les rebelles ont pris samedi le contrôle d'un immeuble officiel syrien à environ un kilomètre de la frontière avec la Turquie, sur une colline qui domine le village turc de Güveççi, dans la province de Hatay.

Dans le village syrien de Khirbet al Joz, derrière la colline où se trouve le bâtiment tombé aux mains des insurgés, des combats pouvaient être entendus et des volutes de fumée observées au-dessus du village, dont l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition, affirme qu'il aurait été investi par les rebelles samedi soir.

A cette occasion, une quarantaine de soldats syriens et neuf combattants rebelles ont été tués, affirme l'organisation qui estime qu'une cinquantaine de personnes sont mortes dimanche en Syrie.

Combats à Alep et Damas

A Alep, des combats opposaient dimanche rebelles et armée dans plusieurs quartiers de la ville soumise en partie au bombardement de l'artillerie, toujours selon l'OSDH qui a fait état d'un bilan provisoire d'une vingtaine de morts.

L'authenticité des informations que fournit cette ONG, basée à Londres, est toutefois à prendre avec prudence, car les informations ne sont pas vérifiées par des sources indépendantes.

Selon une source militaire, les forces régulières ont repoussé avant l'aube «une importante attaque» des insurgés contre la caserne de Hanano, objet d'une féroce bataille il y a trois semaines.

Dans la province de Damas, les forces loyalistes ont affirmé s'être emparées des localités d'El-Hamé et Qoudsaya, selon les médias officiels. L'OSDH a confirmé la prise d'El-Hamé et indiqué que les corps de dix personnes exécutées par balle, y ont été retrouvés.

Vice-président syrien plébiscité

A Ankara, le chef de la diplomatie turque, dont le pays appelle au départ du «criminel Assad», a estimé samedi soir dans un entretien télévisé que Chareh, vice-président depuis 2006, pourrait diriger une période de transition.

«Farouk al-Chareh est un homme de raison et de conscience et il n'a pas pris part aux massacres en Syrie. Personne d'autre que lui ne connaît mieux le système» en Syrie, a affirmé Ahmet Davutoglu en soulignant que l'opposition «est encline à accepter Chareh» comme futur dirigeant de l'administration syrienne.

Chareh, la personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir alaouite (branche du chiisme), est un homme de confiance du régime et a été pendant plus de 15 ans chef de la diplomatie.

Des informations faisant état de sa défection en août ont été démenties par le régime, mais selon des personnalités de l'opposition, il serait en résidence surveillée.

Aide de l'Union européenne

En Jordanie, le roi Abdallah II dont le pays accueille plus de 200'000 réfugiés syriens a appelé dimanche à un règlement politique du conflit en Syrie voisine. Il s'exprimait à l'occasion d'entretiens avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Ce dernier a annoncé dimanche l'octroi par la Commission de 4,6 millions d'euros (5,5 millions de francs) aux programmes de l'Unicef pour scolariser les enfants dans les camps de réfugiés syriens en Jordanie.

Ce financement porte le montant total de la contribution de l'Union européenne à 10 millions d'euros (12,1 millions de francs), a précisé la commission dans un communiqué publié à Bruxelles.

(ats)

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