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NeuchâtelLe conflit social de la Providence à nouveau devant la justice

Quatre personnes qui avaient soutenu le personnel en tant que secrétaires syndicaux sont accusées de violation et d'avoir empêché le personnel de travailler en 2012-2013.

Manifestation de soutien aux grévistes de l'Hôpital de La Providence de Neuchâtel, en février 2013.

Manifestation de soutien aux grévistes de l'Hôpital de La Providence de Neuchâtel, en février 2013.

Keystone

Les dirigeants de la Providence reprochent aux syndicalistes d'avoir maintenu la tente du piquet de grève devant l'Hôpital de la Providence - racheté par le groupe Genolier Swiss Medical Network (GSMN) - plus longtemps que ce qui était autorisé. Ils estiment aussi que certains termes figurant sur les tracts, communiqués et sites Internet portent atteinte à leur honneur.

Sur le banc des accusés: deux femmes et deux hommes qui avaient soutenu le personnel en tant que secrétaires syndicaux. «En aucun cas ce piquet de grève n'avait pour but d'empêcher les autres salariés de travailler», a souligné l'une d'entre eux. Et il ne gênait pas le passage des ambulances et des patients, a-t-elle ajouté.

Pas de remords

Quant aux tracts, soumis au personnel avant diffusion, ils s'inscrivaient dans un contexte spécifique: il s'agissait de se défendre face à la rupture du partenariat social par l'employeur, a argumenté la prévenue. Ils contenaient des termes usuellement utilisés par les syndicats. «Si c'était à refaire, je procéderais de la même manière.»

«Nous étions les garants du maintien des conditions de travail pour l'ensemble de la branche dans le canton», soit quelque 5200 personnes a expliqué la prévenue. Or les syndicats estimaient que la CCT Santé 21 était en péril si l'un des employeurs concernés se permettait de la résilier tout en conservant les subventions de l'Etat.

Échec de la conciliation

Une audience de conciliation a échoué en mars 2014. Les dirigeants de la Providence étaient d'accord de retirer leurs plaintes si les prévenus acceptaient de se rétracter, de retirer des sites les expressions en question, de présenter des excuses et de publier celles-ci dans un communiqué de presse. Ces derniers ont rejeté la proposition, estimant qu'ils avaient adopté une attitude proportionnelle à la situation.

La justice neuchâteloise devra encore se saisir d'un autre aspect du dossier. Les grévistes licenciés ont engagé une procédure civile pour obtenir des réparations. Cet autre volet devra déterminer si cette grève était illégale ou non et si les licenciements étaient abusifs.

(ats)

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