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Printemps arabeLe conflit syrien en passe de s'étendre au Liban

Des dizaines de militaires ont été tués dans la province de Homs. Par ailleurs, les affrontements armés entre Libanais anti et pro-régime syrien ont fait un mort et 9 blessés lundi à Tripoli.

Funérailles de civils samedi dernier, à Damas même.

Funérailles de civils samedi dernier, à Damas même.

AFP

Au moins 23 soldats des troupes régulières syriennes ont péri lundi lors de violents combats contre des rebelles à Rastane, ville de la province de Homs (centre) dont le contrôle échappe depuis des mois au régime, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des dizaines d'autres militaires ont été blessés et trois blindés de l'armée détruits dans ces affrontements, a précisé l'OSDH, qui rappelle que de violents bombardements ont tué dimanche un enfant et fait des dizaines de blessés parmi les civils dans cette ville.

Avec ces opérations, l'armée tente de lancer un assaut sur la ville rebelle, où sont retranchés de nombreux insurgés, affirme l'OSDH. Dimanche, 45 personnes au total ont péri dans des violences à travers le pays, dont 25 civils, 15 soldats et cinq déserteurs, selon l'OSDH. Parmi ces morts, figure un imam chiite, le cheikh Abbas al-Laham, qui dirige la prière à la célèbre mosquée de Sayda Rqia, lieu de pèlerinage fréquenté par de nombreux fidèles iraniens. Le dignitaire a été assassiné à Damas par des hommes armés non identifiés, selon la même source.

Cessez-le-feu techniquement accepté

L'Iran soutient le régime de Damas, en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire sans précédent. Depuis près d'un mois, des observateurs de l'ONU sont déployés dans le pays pour tenter de mettre fin aux violences qui ont fait plus de 12.000 morts en 14 mois, selon l'OSDH.

Selon les Nations unies, 189 des 300 observateurs militaires non armés qui doivent être déployés se trouvent en Syrie pour surveiller l'application d'un cessez-le-feu techniquement accepté par le régime et les rebelles mais continuellement ignoré depuis son annonce le 12 avril. D'après un décompte de l'OSDH, plus de 900 personnes dont près de 700 civils ont péri dans les violences depuis cette trêve officielle.

Un mort au Liban

Au total, quatre personnes ont péri et 40 autres ont été blessées depuis le début samedi soir de ces affrontements entre les quartiers de Bab el-Tebbaneh, à majorité sunnite et hostile au régime syrien, et de Jabal Mohsen, alaouite et sympathisant du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Ces combats confessionnels sur fond de crise politique en Syrie, fréquents dans la ville, ont éclaté samedi soir après des échanges de tirs entre l'armée libanaise et des islamistes réclamant la libération d'un des leurs, Chadi al-Mawlawi, 27 ans, soupçonné de «terrorisme» par les autorités.

Les tirs à l'arme automatique et les tirs de roquettes empêchaient toujours lundi l'armée de se déployer dans les deux quartiers.

21 civils blessés

Depuis dimanche soir, 21 civils, dont des femmes et des enfants, ont été blessés, selon une source au sein des services de sécurité. De plus, deux soldats ont été touchés par des tirs alors qu'ils tentaient d'ouvrir la route séparant les deux quartiers, selon un communiqué de l'armée.

Samedi, une centaine de jeunes islamistes avaient dressé un camp à l'entrée sud de Tripoli et planté des drapeaux noirs frappés de la profession de foi musulmane, ainsi que des drapeaux de l'indépendance syrienne, symbole de la rébellion, pour réclamer la libération de M. Mawlawi.

Selon les autorités, le jeune homme est soupçonné de «lien avec une organisation terroriste», une accusation réfutée par les manifestants qui poursuivaient leur sit-in lundi matin, affirmant que M. Mawlawi était un simple sympathisant de la révolte en Syrie.

Liban divisé

Les tirs ont éclaté lorsque ces jeunes hostiles au régime syrien ont tenté de s'approcher d'un bureau du Parti social nationaliste syrien (PSNS), une formation libanaise pro-Assad.

Les autorités syriennes affirment que des armes et des combattants passent clandestinement depuis le Liban pour venir en aide aux rebelles qui cherchent à renverser le régime Assad, après 14 mois de révolte réprimée dans le sang.

Le Liban est divisé entre le camp du Hezbollah, qui domine le gouvernement avec le soutien de Damas et Téhéran, et l'opposition, soutenue par Washington et l'Arabie saoudite et hostile au régime syrien.

Nouvelles sanctions contre Damas

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté lundi un nouveau train de sanctions à l'encontre du régime syrien. Selon des diplomates, l'UE a décidé de geler les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées pour la plupart comme des sources de financement du régime de Bachar al-Assad. Les personnes sanctionnées seront également interdites de visa pour l'UE. Actuellement, 126 personnes et 41 sociétés sont visées par les sanctions européennes.

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