Prédateurs: Le Conseil des Etats veut réduire la protection du loup

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PrédateursLe Conseil des États veut réduire la protection du loup

La Chambre des cantons a voté une modification de la loi sur la chasse qui permet une régulation des prédateurs durant l’hiver. Comme pour les bouquetins.

par
Eric Felley
Si le projet du Conseil des États aboutit, il sera plus facile pour les cantons de gérer leurs populations de loups.

Si le projet du Conseil des États aboutit, il sera plus facile pour les cantons de gérer leurs populations de loups.

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Actuellement, on compte en Suisse quelque 180 loups pour une vingtaine de meutes. Les dégâts aux animaux de rentes sont récurrents et la cohabitation entre les éleveurs et les prédateurs demeure très conflictuelle. La révision de la loi sur la chasse, qui prévoyait l’introduction du tir préventif contre le loup, a été refusée en septembre 2020 par 51,9% des votants. Mais la situation reste insatisfaisante dans les cantons, principalement alpins, qui doivent demander des autorisations de tir en fonction des dégâts et des dangers.

Comme le bouquetin

Le Conseil des États propose donc aujourd’hui une initiative parlementaire qui veut introduire, à l’exemple du bouquetin, une période de régulation préventive du loup du 1er septembre au 31 janvier, en fixant un quota maximal à prélever proactivement. Cette régulation inscrite dans la loi sur la chasse «ne doit pas mettre en danger l’effectif de la population». Il doit permettre de «prévenir un dommage ou un danger lorsqu’il apparaît que des mesures de protection raisonnables ne seront pas suffisantes».

Adèle Thorens méfiante

Adèle Thorens (V/VD) s’est opposée à cette initiative, car d’une part, la population a voté il y a deux ans contre les tirs préventifs. Certes, la loi maintient que «le loup ne peut être régulé que si un dommage ne peut être évité par des mesures de protection raisonnables. Cependant, ces mesures de protection raisonnables ne seront plus définies par la Confédération mais par les cantons, chacun pouvant décider à sa guise de ce qu’il considérera comme étant raisonnable».

«Là où les grands prédateurs sont présents…»

Sa collègue écologiste Céline Vara (V/NE) y est aussi opposée: «Partout, je dis bien partout, là où les grands prédateurs sont présents – qu’ils y aient été réintroduits ou qu’ils s’y soient maintenus malgré le braconnage inadmissible et condamnable dont ils sont victimes –, la nature en ressort mille fois plus riche. Et lorsque la nature est forte, ce sont nous, les humains, qui en bénéficions le plus».

Tuer le mythe

Un avis que ne partage pas forcément Marianne Maret (C/VS): «D’aucuns pensent que le mythe du loup est encore présent dans l’inconscient collectif. Personnellement, je pense que le concept de la cohabitation sans tirs de régulation est un mythe. C’est pourquoi je salue le projet de la commission et j’espère qu’il aura un large soutien car il est urgent de redonner la motivation à nos éleveurs, sans quoi ils vont quitter la profession, ceci au détriment de notre biodiversité».

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a défendu la protection des troupeaux, «mais la seule protection des troupeaux ne suffit pas», a-t-elle reconnu. Le Conseil fédéral est donc favorable à une gestion proactive des loups. Au vote sur l’ensemble, l’initiative parlementaire a été acceptée par 31 voix contre 6 et 4 abstentions. Le sujet passe au Conseil national.

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