Le Conseil fédéral sous pression mais peut-être pas pressé
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Cinquième VagueLe Conseil fédéral sous pression mais peut-être pas pressé

La situation épidémiologique devient critique, mais le Gouvernement prendra-t-il le risque de durcir les mesures avant la votation sur la loi Covid-19? Face à la diversité des réalités cantonales, cela ne devrait pas être le cas.

par
Eric Felley
Le conseiller fédéral Alain Berset semble regarder d’abord vers dimanche et le résultat de la votation sur la loi Covid-19, avant d’aller de l’avant dans la lutte contre cette cinquième vague qui frappe la Suisse.

Le conseiller fédéral Alain Berset semble regarder d’abord vers dimanche et le résultat de la votation sur la loi Covid-19, avant d’aller de l’avant dans la lutte contre cette cinquième vague qui frappe la Suisse.

AFP

Au programme de sa session du mercredi, le Conseil fédéral a annoncé des décisions concernant le Covid-19. De quelle ampleur seront-elles au vu de l’évolution inquiétante de ces dernières semaines? Mardi, les représentants de la task force ont dépeint une situation qui «se détériore», qui «ne va pas dans la bonne direction» et qui semble «suivre la tendance de l’Autriche». Le nombre de nouvelles infections double toutes les deux semaines et la tendance négative se poursuivra dans les jours et semaines à venir.

Que pourrait décider aujourd’hui le Conseil fédéral pour tenter d’inverser le plus rapidement possible cette tendance? Il dispose d’une panoplie d’instruments: la délivrance du certificat sanitaire seulement pour les personnes vaccinées ou guéries, l’extension de ce même certificat à de nouveaux lieux, de nouvelles contraintes pour les manifestations, le port du masque pour les vaccinés à l’intérieur, le retour du télétravail ou des restrictions d’accès pour les non-vaccinés. Mais, selon la presse alémanique, il semble que le Conseil fédéral devrait opter pour la retenue à quelques jours de la votation sur la loi Covid-19.

D’abord les cantons

Mardi, la présidente de la task force, Tanja Stadler a déclaré que pour briser cette tendance délétère: «Il faudrait réduire les contacts entre les personnes. Cela peut se faire sur une base volontaire, ou via des mesures prises au niveau politique». D’après son collègue Patrick Mathys, ce niveau politique devrait être plutôt celui des cantons: «Ils peuvent, et devraient prendre des mesures», a-t-il dit.

Pour l’instant, la situation varie fortement d’un canton à l’autre. Nidwald compte une incidence de 1530 nouvelles infections sur les 14 derniers jours, alors que le Tessin n’en compte que 280. Pour les autorités sanitaires, la relation de cause à effet est évidente entre la faible couverture vaccinale de certains cantons de Suisse centrale et orientale et leur nombre élevé de nouvelles infections.

Les cantons romands ont encore une incidence inférieure à 600 sur les 14 derniers jours, mais il ne fait pas de doute que la vague arrive aussi chez eux. Dans ce contexte, il faut craindre que d’ici deux ou trois semaines, la situation soit devenue plus homogène dans tout le pays, hélas pas dans le bon sens. C’est peut-être ce qu’attend le Conseil fédéral avant d’agir.

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