Éditorial: Le Conseil fédéral confronté au pire des scénarios
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ÉditorialLe Conseil fédéral confronté au pire des scénarios

Assouplir les mesures alors que l’épidémie progresse à nouveau? Un vrai casse-tête vendredi pour nos sept Sages.

par
Eric Felley
Alain Berset et Guy Parmelin seront à nouveau sur la scène demain après-midi. Que pourront-ils céder à ceux qui disent que ça ne peut plus durer?

Alain Berset et Guy Parmelin seront à nouveau sur la scène demain après-midi. Que pourront-ils céder à ceux qui disent que ça ne peut plus durer?

AFP

Pour le Conseil fédéral, c’est le pire des scénarios qui s’est produit depuis la semaine dernière, depuis qu’il a annoncé la perspective d’assouplir certaines mesures, de permettre des petites manifestations, d’augmenter les limites de rassemblement et d’évoquer la réouverture des terrasses. L’évolution de l’épidémie à la hausse était presque prévisible, mais on pouvait toujours espérer une stabilisation. Hélas, les quelque 1800 cas annoncés mercredi ont douché les espoirs. Trois des critères fixés par le Conseil fédéral ne sont pas remplis pour des assouplissements: le taux de reproduction du virus, positivité des tests et l’incidence à 14 jours sont dans le rouge. Il faut s’accrocher à celui qui tient, le niveau des hospitalisations est correct.

Pression de L’USAM

La consultation sur ces mesures arrive à son terme. L’Union Suisse des arts et métiers a communiqué hier, qu’elle demandait «instamment que les restaurants soient ouverts au public également à l’intérieur, que toutes les salles de fitness rouvrent et que l’obligation de travailler à domicile soit abrogée». Et d’ajouter: «La stratégie du Conseil fédéral manque d’un objectif clair, à savoir la normalisation de la vie sociale, et ne présente aucune perspective pour l’économie et la société». Pour ce qui a filtré de la position des cantons, la volonté est d’aller vers plus d’ouverture, notamment les terrasses des restaurants et à l’intérieur aussi pour certains.

Expérience «inédite»

Au Parlement, la problématique du Covid-19 a suscité l’agitation constante de ceux qui veulent rouvrir. Malgré tout, la date du 22 mars n’a pas été retenue dans la loi. Cependant, la pression des partis bourgeois sur le Conseil fédéral n’est pas sans effet. On l’a sentie la semaine dernière lorsque Alain Berset a déclaré qu’on allait vers une expérience inédite, en contradiction avec ce qui a été fait jusqu’ici: assouplir les mesures alors que les cas augmentent. Dans ces conditions, quelle décision prendre demain? Poursuivre sur une ligne sanitaire stricte ou lâcher du lest? La réponse est sans doute dans un compromis, qui manifestement ne pourra pas satisfaire les partisans d’un retour à la normale.

Troisième vague

On ne peut non plus faire abstraction des pays qui nous entourent. En Italie et en France, la réalité d’une troisième vague n’est plus une supposition. Tout rouvrir, c’est prendre le risque de se retrouver dans deux, trois ou quatre semaines au sommet de la vague avec des hôpitaux à nouveau sous pression. Et devoir alors refermer, ce qui serait catastrophique.

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