Suisse: Le Conseil fédéral se met au téléprompteur

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SuisseLe Conseil fédéral se met au téléprompteur

Les ministres peuvent désormais lire leur discours hors des studios de télévision grâce à une installation mobile.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Le téléprompteur fait désormais partie de l'arsenal du Conseil fédéral pour ses discours, à l'image de Doris Leuthard.

Le téléprompteur fait désormais partie de l'arsenal du Conseil fédéral pour ses discours, à l'image de Doris Leuthard.

Le Conseil fédéral a décidé de rendre sa parole plus efficace et en conséquence, il s'est équipé d'un téléprompteur mobile. A l'avenir, les membres du gouvernement pourront lire leur discours tout en gardant le contact visuel avec le public. Coût de l'investissement: près de 18'000 francs, a confirmé le porte-parole du Conseil fédéral André Simonazzi au Tages-Anzeiger.

L'appareil n'a rien de révolutionnaire mais jusqu'à présent, les conseillers fédéraux ne l'utilisaient qu'en studio lors de leurs interventions télévisées comme le 1er août. Hors des studios, ils devaient se contenter de notes manuscrites pour leurs discours.

Les sept conseillers fédéraux doivent donc se partager l'appareil mis à disposition par la Chancellerie qui a formé les ministres et leurs responsables de la communication à son usage.

Un mauvais discours reste mauvais

Le système retenu se compose de deux écrans en verre situés à gauche et à droite de l'orateur. Le texte défile, piloté par un ordinateur, sans que le public ne puisse le voir. Le flux du texte est géré par une télécommande glissée dans la main de l'orateur ou de celle d'un assistant.

Les deux écrans sont si discrets qu'il est quasiment impossible de les voir à moins de les chercher spécifiquement. Mais ils ne suffisent pas à transformer un mauvais discours en merveille oratoire. Johann Schneider-Ammann en a fait l'expérience avec sa désormais célèbre intervention sur «le rire, c'est bon pour la santé». Un téléprompteur peut néanmoins renforcer l'impression de spontanéité et de proximité avec un public.

Joe Biden en star

Le téléprompteur est déjà largement utilisé à l'étranger. Lorsque l'ancien vice-président américain Joe Biden s'est exprimé devant le WEF en 2016, il a donné l'impression de connaître son discours de 50 minutes. La comparaison avec Johann Schneider-Ammann, qui l'avait précédé à la tribune dans une allocation de 14 minutes sans lever les yeux de son manuscrit, a provoqué des commentaires peu élogieux à Davos.

C'est ce «flop» qui a poussé Doris Leuthard à vouloir équiper le Conseil fédéral d'une installation comparable, dit-on dans la Berne fédérale. Dominique Bugnon, directeur de communication chez Doris Leuthard, n'a pas voulu confirmer cette histoire. Mais il confirme en revanche que c'est bien son département qui a fait la demande à la Chancellerie fédérale pour un téléprompteur.

Entré dans les moeurs

Cette acquisition était un sujet récurrent depuis plusieurs années, a ajouté André Simonazzi. «Mais à l'époque, un tel appareil aurait coûté beaucoup plus cher», a souligné le vice-chancelier de la Confédération.

Le Conseil fédéral a prouvé lors du WEF 2017 qu'il avait apprivoisé la technologie du téléprompteur. Lors de l'allocution de Doris Leuthard, la Conseillère fédérale est restée la tête haute, gardant le contact visuel avec le public. Pas encore au niveau de Joe Biden puisque la responsable du DETEC est restée longtemps bloquée sur un seul écran, donnant l'impression qu'elle avait oublié l'autre moitié de la salle...

Johann Schneider-Ammann en raffole

Mais c'est Johann Schneider-Ammann qui a inauguré le téléprompteur fédéral le 17 novembre 2016, lors du symposium Schmidheiny à Interlaken. Et selon certains témoins, le chef du Département de l'Economie a tellement apprécié l'exercice qu'il en serait même devenu un «Power-User», utilisateur assidu. Il a ainsi fait appel au téléprompteur lors du World Web Forum à Zürich-Oerlikon et lors d'un forum économique du Rheintal.

Le conseiller fédéral apprécie l'installation «parce qu'elle lui permet de garder le contact visuel avec son public», a souligné son responsable de la communication Noé Blancpain. Et aussi de combler des lacunes oratoires criantes chez le conseiller fédéral, ont ajouté d'autres personnes.

Quoi qu'il en soit, l'appareil est très prisé des autres membres du gouvernement, a reconnu André Simonazzi. «Et peut-être devrons-nous bientôt nous équiper d'un deuxième.»

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