Actualisé 11.12.2019 à 09:26

Le Conseil national refuse de pucer tous les chats

Animaux

De peu, les parlementaires n'ont pas suivi Isabelle Chevalley (VL/VD) qui défendait un marquage de tous les chats par leur propriétaire, afin de pouvoir stériliser les chats sauvages.

par
lematin.ch
Et bien non, de peu, tous les chats de Suisse ne devront pas porter de puce. Même si aujourd'hui quelque 576 000 d'entre eux sont ainsi répertoriés.

Et bien non, de peu, tous les chats de Suisse ne devront pas porter de puce. Même si aujourd'hui quelque 576 000 d'entre eux sont ainsi répertoriés.

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La défenseuse des animaux au Conseil national, Isabelle Chevalley (VL/VD), a le verbe haut quand elle empoigne une cause qui lui tient à coeur. Ce mardi, elle défendait une motion qui demandait à ce que les détenteurs de chats soient tenus d'identifier leur animal avec une puce. Ainsi pourrait-on distinguer parmi les centaines de milliers de chats qu'on trouve en Suisse ceux qui ont un maître de ceux qui n'en n'ont pas, afin des les stériliser en douceur.

83 millions après 10 ans

L'élue vaudoise a dressé un portrait édifiant de la situation engendrée par la mulitplication des chats errants, tandis qu'il n'existe aucune base légale pour agir contre: «La prolifération est exponentielle. Avec 12 chats la première année, on peut potentiellement se retrouver avec plus de 400 000 chats après 5 ans seulement et avec plus de 83 millions après 10 ans». Frisson dans la salle... Leur vie n'est pas rose, on s'en doute: «Ces pauvres chats meurent de multiples maladies dans de grandes souffrances», a-t-elle argumenté.

Autant qu'une éolienne

De plus, leur prolifération menace la biodiversité, car ils mangent «des lézards, des tritons, des grenouilles, des orvets et des oiseaux, bien sûr. Un chat peut tuer à lui seul plus de vingt oiseaux par année, soit autant qu'une grosse éolienne». Sourire dans la salle... Enfin, ces chats sont souvent tués en catimini «de façon cruelle et illégale par empoisonnement ou par noyade dans des cages ou des sacs».

Identification électronique

Elle ne demande pas de les éliminer, mais de les stériliser. Cependant, dans la nature, comment savoir si un chat a un maître ou non? «La seule manière est de demander aux propriétaires de chat d'identifier électroniquement leur animal. Cela est d'ailleurs obligatoire pour les chiens en Suisse depuis de nombreuses années».

28 millions de francs?

Son argumentation s'est heurtée à l'opposition de la droite, notamment pour des raisons de surcharge administrative, de coûts et finalement d'une menace d'un impôt sur les chats pour financer tout cela. Au prix moyen de 175 francs la stérilisation et de 100 francs la puce, Diana Gutjahr (UDC/TG) a calculé que cela pourrait atteindre une facture nationale de 28 millions de francs. Un peu trop pour des chats.

Un demi-million de chats enregistrés

Ministre en charge des affaires vétérinaires, Alain Berset s'est montré réticient lui aussi: «L'identification électronique des chats est aujourd'hui déjà possible. Elle est simplement non obligatoire. Elle peut se faire facilement par le biais de la banque de données correspondante, qui permet aux propriétaires qui le souhaitent d'enregistrer facilement leur animal. A ce titre, 576 000 chats étaient enregistrés en septembre 2019». Mais il n'entend pas la rendre obligatoire: «Le Conseil fédéral estime qu'il serait aujourd'hui disproportionné d'instaurer l'obligation d'identifier tous les chats...»

Au moment du vote, le bloc bourgeois UDC-PLR-PDC a fait barrage: 97 à 88 contre la motion.

Eric Felley

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