Berne - Le Conseil national vote le retour des tests gratuits
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BerneLe Conseil national vote le retour des tests gratuits

Contre l’avis d’Alain Berset, tous les groupes, sauf le PLR, ont plaidé jeudi pour la gratuité des tests Covid-19. Ils ont aussi adopté une disposition demandant la transparence sur les contrats des vaccins.

par
Eric Felley
Pour le conseiller fédéral Alain Berset, le retour à la gratuité des tests est problématique.

Pour le conseiller fédéral Alain Berset, le retour à la gratuité des tests est problématique.

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Le Conseil national a adopté par 144 voix contre 43 ce jeudi, dans le cadre de la loi Covid-19, une disposition visant à la prise en charge par la Confédération du coût des tests, afin qu’ils redeviennent gratuits pour la population. Seul le PLR s’est opposé à cette proposition. Dans un communiqué, il déplore «une alliance contre nature entre l’UDC et la gauche». Pour le PLR: «Ne pas se faire vacciner est un choix personnel qui implique d’en assumer la responsabilité. Ainsi, les coûts découlant de cette décision personnelle ne doivent pas être répercutés sur la collectivité».

Le chef de la Santé, Alain Berset, avait fait part également de son opposition: «Cette décision limiterait la Confédération et les cantons dans le développement de la stratégie de tests et, surtout, parce que les coûts des tests PCR individuels pour les personnes asymptomatiques n’ont jamais été pris en charge jusqu’ici par la Confédération et que nous nous attendrions, dans ce cas, à des coûts considérables ainsi que, potentiellement, à une surcharge des capacités des laboratoires…» Le Conseil des États doit encore se prononcer sur la question.

Oui à la transparence sur les contrats des vaccins

Le Conseil national a également accepté par 118 voix à 70, contre l’avis d’Alain Berset, une disposition visant à ce que «Le Conseil fédéral publie les contrats conclus avec les fabricants de vaccins contre le Covid-19, dès que les négociations sont closes et pour autant qu’il n’y ait aucun motif d’exception». Là aussi, le Conseil des États devra confirmer l’essai.

Ce sont les deux éléments marquants qui ressortent du débat au Conseil national sur la loi Covid-19. À l’heure de reprendre pour la quatrième fois la loi, une ligne de front reste marquée entre le groupe de l’UDC et le reste du Conseil national. Après avoir perdu le référendum dimanche dernier, l’UDC a reconnu sa défaite, mais a continué à faire valoir de nombreuses positions de minorités quasi toutes refusées. Il n’a pas réussi à interdire le recours à la règle des 2G (pour vacciné et guéri), ni à interdire l’utilisation du certificat Covid en Suisse, ni à durcir les contrôles aux frontières.

«Des espoirs envolés» pour Pierre-Yves Maillard

En début de séance, Pierre-Yves Maillard (PS/VD) a résumé l’état d’esprit de la majorité de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique: «Les espoirs que quelques mesures de confinement ou quelques produits thérapeutiques nous sortent en quelques semaines de cette pandémie se sont définitivement envolés. Nous sommes dans une démarche de longue haleine avec un virus qui manifestement n’entend pas disparaître de sitôt. Il y a donc lieu de développer une politique publique dans plusieurs sens et avec plusieurs dimensions».

Aides financières prolongées sur 2022

Comme le Conseil des États mercredi, le Conseil national a aussi débattu de la prolongation des aides jusqu’à fin 2022 soit la garantie pour les grandes manifestations, les allocations pour pertes de gains en cas de limitation de l’activité, les indemnités de chômage et le système de réduction d’horaire de travail (RHT). L’UDC et le PLR ont tenté d’affaiblir ou de réduire la portée des aides, mais ils ont été contrés systématiquement par une coalition entre le Centre, les Verts libéraux, les Vert.e.s et le PS.

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