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SuèdeLe constructeur automobile Saab se déclare en faillite

Le constructeur automobile suédois Saab s'est déclaré en faillite le 19 décembre 2011, mettant fin à une longue agonie. Les efforts entrepris pour la sauver la marque suédoise ont achoppé sur les intérêts de General Motors, ancien actionnaire.

Victor Müller, président de Saab Automobile,annonce le 19 décembre en conférence de presse la mise en faillite de sa société après deux ans d'efforts intenses pour tenter de sauver l'emblématique constructeur automobile suédois.

Victor Müller, président de Saab Automobile,annonce le 19 décembre en conférence de presse la mise en faillite de sa société après deux ans d'efforts intenses pour tenter de sauver l'emblématique constructeur automobile suédois.

Keystone

Trois des principales compagnies du groupe se sont déclarées en faillite ), a indiqué le tribunal de Vänersborg. Il s'agit de Saab Automobile Aktiebolag, de Saab Automobile Tools AB et Saab Automobile Powertrain.

Le greffier du tribunal a confirmé à l'AFP que les responsables de la marque suédoise «ont déposé les documents demandant à être déclarés en faillite». Il a ajouté que le tribunal, situé près du fief de Saab, à Trollhättan dans le sud-ouest de la Suède, allait «nommer un liquidateur rapidement».

Le propriétaire de Saab, le néerlandais Swedish Automobile (Swan), a confirmé que la compagnie, faute de nouveaux fonds, était devenue insolvable. «La déclarer en faillite est dans le meilleur intérêt de ses créanciers,» a-t-il précisé.

Opposition de General Motors

L'avenir immédiat de Saab dépend de la décision du tribunal suédois de prolonger ou non la procédure de protection de trois mois, sous laquelle Saab était déjà placé pour permettre au groupe de négocier un accord de sauvetage. Le charismatique directeur général de Swan, Victor Muller, s'est démené pour sauver Saab de la faillite.

Victor Müller a tenté de négocier le rachat du constructeur automobile suédois par deux groupes chinois, le constructeur Youngman et le distributeur Pang Da. Mais General Motors (GM), ancien propriétaire de Saab, s'est opposé au nécessaire transfert, aux entreprises chinoises, de brevets technologiques qu'il détient toujours.

Avant même la déclaration de faillite, GM a renouvelé son opposition à tout accord avec un prétendant chinois. Les spécialistes sont d'avis que cette position a sonné le glas pour Saab.

Dernière chance

«Les différentes possibilités ou propositions en circulation ne sont pas foncièrement différentes de ce qui a été proposé à General Motors et a déjà été rejeté», a indiqué James Cain, porte-parole du constructeur américain dans un communiqué.

«Chacune des propositions entraînerait directement ou indirectement le transfert du contrôle ou de la propriété de l'entreprise d'une façon qui serait préjudiciable à GM et à ses actionnaires. GM ne peut apporter son soutien à aucune des solutions proposées en leur état actuel», a ajouté M. Cain.

Fabricant du Gripen

Le secteur automobile de Saab était déjà au bord de la faillite quand GM l'avait vendu début 2010 à Swan pour 400 millions de dollars. A la fin du 1er semestre 2011, le constructeur suédois avait été forcé d'arrêter sa production, après que des fournisseurs ont cessé leurs livraisons, en raison de nombreux impayés.

Saab emploie environ 3700 personnes dans son secteur automobile. Autant d'employés qui attendaient encore, au jour de sa mise en faillite, leurs salaires de novembre.

Fondé en 1937 avec l'aide du gouvernement suédois pour fabriquer des avions, Saab s'était ensuite diversifié dans l'automobile.

Même si la marque Saab devait être appelée à disparaître dans l'automobile, il poursuivrait ses activités dans le secteur de l'aéronautique. L'avionneur Saab AB était devenu indépendant du constructeur auto depuis son rachat de ce dernier par GM en 1990. Saab AB fabrique notamment l'avion de combat Gripen, dont 22 exemplaires ont été récemment achetés par la Suisse.

(AFP/)

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