Environnement: Le contre-projet indirect à l’initiative pour les glaciers est sous toit
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EnvironnementLe contre-projet indirect à l’initiative pour les glaciers est sous toit

La Commission du National plaide pour son projet qui reprend l’objectif de la neutralité climatique d’ici à 2050. Elle prévoit 2 milliards pour remplacer les vieux chauffages.

par
Christine Talos

D’ici à 2050, les secteurs du bâtiment et des transports ne devront plus émettre de CO2, et celui de l’industrie devra réduire ses émissions de 90%, projette la commission.


D’ici à 2050, les secteurs du bâtiment et des transports ne devront plus émettre de CO2, et celui de l’industrie devra réduire ses émissions de 90%, projette la commission.

20min/Taddeo Cerletti

D’ici à 2050, la Suisse doit atteindre la neutralité climatique. La commission de l’environnement du National a approuvé par 17 voix contre 7 son contre-projet indirect à l’initiative pour les glaciers. Celui-ci reprend le but principal de cette dernière, a-t-elle fait savoir mardi.

La commission cherche à ancrer aussi vite que possible des objectifs climatiques concrets dans le droit suisse et ainsi à faire avancer la politique climatique suisse sur le long terme, précise-t-elle. Elle souhaite amener l’économie et la société vers l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050, comme voulu par l’initiative.

Objets progressifs et mesures d’encouragement

Mais elle veut d’autres façons d’y parvenir que les initiants. Ainsi contrairement à l’initiative, la commission ne veut pas interdire les carburants et combustibles fossiles dès 2050. Elle plaide plutôt pour des mesures concrètes à mettre en place progressivement. Ainsi d’ici 28 ans, les secteurs du bâtiment et des transports ne devront plus émettre de CO2, et celui de l’industrie devra réduire ses émissions de 90%, explique-t-elle. Un objectif intermédiaire est aussi fixé: ainsi la Suisse devra réduire ses émissions de 75% par rapport à 1990 d’ici 2040. Et les émissions restantes devront être compensées par les émissions dites négatives.

Le projet prévoit en outre différents instruments d’encouragement. Ainsi, la Confédération aidera les entreprises à planifier les mesures qui leur permettront d’atteindre l’objectif de zéro net d’ici à 2050. Elle leur versera également des aides financières, à hauteur de 1,2 milliard sur 6 ans, pour les encourager à recourir à de nouvelles technologies. Berne devra en outre montrer l’exemple puisque l’Administration fédérale devra atteindre l’objectif de zéro net en 2040 déjà. Les administrations cantonales devront aller dans le même sens et le même délai.

Deux milliards de francs pour les vieux chauffages

Par ailleurs, la Confédération devra prévoir un programme extraordinaire doté de 200 millions par année pendant 10 ans pour remplacer les installations de chauffage à mazout et les chauffages électriques inefficaces, ainsi que pour procéder à l’assainissement énergétique des bâtiments aux travers de cautionnements.

Le camp vert salue le contre-projet

Les Verts ont salué le contre-projet. «Il comporte des mesures efficaces et rapidement réalisables qui profitent au climat», souligne la conseillère nationale genevoise Delphine Klopfenstein Broggini. Elle se félicite des mesures contraignantes pour les entreprises, mais aussi la promotion du remplacement des chauffages à mazout, à gaz et à résistance électrique. Mais selon elle, il faudrait des mesures encore plus ambitieuses. Les Vert’libéraux ont également salué le contre-projet. «Il représente une étape fondamentale pour atteindre l’objectif ‘zéro émission nette’ de la Suisse», s’enthousiasme le conseiller national Jürg Grossen. «Il s’agit maintenant de faire passer le compromis avec succès».

Greenpeace Suisse salue elle aussi l’adoption du contre-projet indirect. «Les mesures proposées apportent des progrès importants pour le respect des objectifs climatiques mais ne suffisent pas à éviter la crise et à assurer un avenir serein à nos enfants», tempère toutefois l’ONG.

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