Grande-Bretagne: Le coronavirus a eu raison de l’Éventreur du Yorkshire
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Grande-BretagneLe coronavirus a eu raison de l’Éventreur du Yorkshire

Peter Sutcliffe, l’un des pires tueurs en série britanniques, qui a assassiné au moins 13 femmes, est mort en prison à 74 ans après avoir refusé un traitement contre le virus.

par
Michel Pralong
Peter Sutcliffe a été interrogé plusieurs fois par la police, la première quatre ans avant qu’il soit démasqué.

Peter Sutcliffe a été interrogé plusieurs fois par la police, la première quatre ans avant qu’il soit démasqué.

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À la fin des années 1970 et jusqu’au début des années 1980, la Grande-Bretagne a tremblé face à une série de meurtres perpétrés par celui que la presse avait alors surnommé «The Yorkshire Ripper» (L’Éventreur du Yorkshire) en raison des similitudes avec les crimes de Jack l’Éventreur. Tout comme le mystérieux meurtrier de la fin du XIXe siècle, le nouveau s’en prenait essentiellement à des prostituées, qu’il mutilait à coups de couteau, tournevis et marteau.

Peter Sutcliffe, qui dira après son arrestation qu’il avait reçu de Dieu, devant une tombe (il était alors fossoyeur), la mission de tuer des prostituées, commet trois premières attaques à l’été 1975, mais ses victimes survivent. Le 30 septembre de cette même année, il tue à Leeds Wilma McCann, prostituée de 28 ans. Il fait au moins trois autres victimes jusqu’en 1977 et, lorsque le 26 juin de cette année, il assassine Jayne MacDonald, une vendeuse de 16 ans, la presse nationale s’émeut en se rendant compte qu’un tueur en série sévit dans la région. C’est alors qu’il est surnommé l’Éventreur du Yorkshire.

Un sérieux indice

Le 20 octobre 1977, le corps de Jean Jordan est retrouvé dans un terrain vague à Manchester. Dans son sac, un billet de 5 livres tout neuf, qui pourrait lui avoir été remis par le meurtrier. D’après son numéro de série, il a servi pour la paie des transporteurs d’une entreprise de la région. Peter Sutcliffe, qui y travaille, est interrogé pour la première fois par la police, mais il donne comme alibi qu’il était à une fête.

Les meurtres se poursuivent, quatre sont recensés jusqu’à juin 1979. À cette date, la police reçoit une cassette d’un individu qui a déjà envoyé plusieurs lettres dans lesquels il dit être Jack l’éventreur. Les enquêteurs pensent (à tort) qu’il s’agit de leur homme et demandent d’écarter de la liste des suspects tous ceux qui n’ont pas l’accent du Wearside.

Rapport rejeté

Ce même mois, Peter Sutcliffe est interrogé pour la cinquième fois et les policiers qui mènent l’interrogatoire le suspectent fortement. Mais comme il n’a pas l’accent voulu, leur rapport est rejeté. Le tueur fait de nouvelles victimes. En novembre 1980, le policier à la tête des opérations est remplacé et son successeur minimise l’importance de l’accent dans la recherche du coupable.

Le 3 janvier 1981, Peter Sutcliffe est arrêté avec une prostituée. Interrogé, il finit par avouer qu’il est le meurtrier. Diagnostiqué comme un schizophrène paranoïaque, il est condamné à la prison à vie. En 2006, John Humble est condamné à 8 ans de prison: c’est lui qui avait envoyé comme canular les lettres et la cassette qui ont égaré les policiers. La même année, un rapport tenu secret depuis 25 ans révèle que Sutcliffe a certainement commis plus de crimes que les 13 meurtres et sept agressions dont il a été reconnu coupable. Il sera interrogé sur près de 20 autres meurtres, dont celui de deux jeunes femmes en Suède en 1980.

Contaminé à l’hôpital?

Il y a deux semaines, le tueur a été hospitalisé pour des problèmes cardiaques, rapporte le «Daily Mail». À son retour en prison, il s’est plaint d’essoufflement et de douleurs thoraciques. Le 7 novembre, il a été testé positif au coronavirus. Refusant tout traitement, il a été renvoyé à l’hôpital dimanche dernier, où son état n’a cessé d’empirer. Il est décédé à 1 h 10 du matin ce vendredi 13 novembre. Il avait 74 ans. L’un des policiers qui a traqué Sutcliffe a déclaré à la BBC: «Je ne verserai pas une larme pour lui».

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