Actualisé 30.12.2012 à 06:47

Le corps de l'étudiante violée rapatrié en Inde

Singapour

La dépouille de l'étudiante décédée suite à un viol collectif dans un bus le 16 décembre dernier a été rapatriée en Inde depuis Singapour où elle était soignée.

Ce sordide fait divers a donné lieu à une vague de solidarité et d'indignation dans le pays.

Ce sordide fait divers a donné lieu à une vague de solidarité et d'indignation dans le pays.

Keystone

Le corps de la jeune femme victime d'un viol collectif qui a provoqué un mouvement d'indignation en Inde est arrivé à New Delhi dimanche matin et a été transporté jusqu'à son domicile. Le Premier ministre indien Manmohan Singh était présent à l'aéroport à l'arrivée du corps.

Craignant de nouvelles manifestations, la police de New Delhi avait appelé samedi la population au calme et a bouclé plusieurs quartiers du centre. Les autorités intervenaient quelques heures après la mort à Singapour de l'étudiante, victime emblématique des violences faites aux femmes en Inde en toute impunité.

Samedi, la population est sortie dans les rues en Inde pour exprimer son émotion après l'annonce de ce décès. «Le viol de la jeune femme et le traumatisme qu'elle a vécu ne sont pas nouveaux et cela est arrivé dans le passé mais cette affaire a fait sauter le couvercle de la marmite», a confié Anjali Raval, femme au foyer de 35 ans, lors d'un rassemblement.

Le premier ministre, Manmohan Singh, avait été le premier dans la classe politique à rendre hommage à la jeune femme, dont on ignore le nom et qui a été surnommée «la fille de l'Inde» («India's Daughter»), affirmant comprendre la vague de protestations.

Il a été imité par Sonia Gandhi, chef du parti du Congrès (au pouvoir): «en tant que femme et mère, je comprends la douleur. Son combat n'aura pas été vain». Son corps a été rapatrié, accompagné par ses parents qui se trouvaient à son chevet lorsqu'elle a été déclarée morte vendredi à 21h45.

Attaquée par six hommes

Le 16 décembre, après être montée dans un bus, l'étudiante avait été attaquée par six hommes qui l'avaient emmenée au fond du bus pour la violer à plusieurs reprises et l'agresser sexuellement avec une barre de fer rouillée. Elle avait été jetée ensuite hors du véhicule avec son compagnon.

Le bus avait passé de nombreux barrages de police pendant cette période de 45 minutes, mais à aucun moment les policiers ne s'étaient inquiétés de ce qui se passait à l'intérieur.

Les viols collectifs sont quotidiens en Inde et beaucoup d'entre eux ne font pas l'objet d'une plainte de la part des victimes, qui ne font pas confiance au système judiciaire poussif et sont découragées par les réactions des policiers hommes.

Le gouvernement a dû se défendre d'avoir transféré la victime à Singapour afin d'éviter qu'elle ne meure sur le sol indien et ainsi n'alimente les tensions. T.C.A. Raghavan, ambassadeur indien à Singapour, a expliqué que la décision avait été prise pour des motifs médicaux après «consultations entre l'équipe médicale de Delhi et les chirurgiens et médecins de Singapour».

(ats)

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