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ConfianceLe couple Hildebrand devrait surmonter la crise

Eprouvée par l'affaire BNS, l'union de Philipp et Kashya Hildebrand ne devrait pas imploser, parole d'experts.

par
Sandra Imsand
Keystone

Lundi, Philipp Hildebrand présentait sa démission avec effet immédiat. Incapable «d'apporter la preuve définitive que sa femme a fait cette transaction sans son consentement», il préférait jeter l'éponge et quitter la Banque nationale suisse. Après une affaire pareille, où une bévue privée rejaillit négativement sur la vie publique d'un des membres du couple, comment se reconstruire à deux? Comment se retrouver ensemble à la table du petit-déjeuner sans se regarder en chiens de faïence? Bref, le couple peut-il survivre à une telle crise? «On ne peut pas jouer au prophète, explique Georges Abraham, sexologue genevois. Il n'existe pas de formule toute faite, qui s'applique à toutes les situations.» «On a vu des couples buter sur un caillou alors que d'autres – et parfois les mêmes – franchissent des montagnes…», renchérit Jean Keller­hals, sociologue. Qu'en sera-t-il des Hildebrand?

Sortir grandis de l'épreuve

Ils devraient sortir indemnes de cette histoire, selon certains signes. «Si, comme l'a déclaré l'ex-président de la BNS, ils ont été les victimes dans cette affaire, ils se rapprocheront et cela ne créera pas de fissure entre eux», déclare Dominique Chatton, sexologue genevois. Au contraire, cette histoire pourrait même avoir un effet bénéfique sur le couple. «Ils peuvent se soutenir l'un l'autre, faire face à l'adversité ensemble et en sortir grandis», explique George Abraham, ancien professeur de l'Université de Genève.

«Il faut comparer le couple qui traverse une crise à un objet mis sous pression qui peut se fendiller et exploser, explique le Dr Chatton. En cas de stress, il faut tenir compte de la capacité de chacun à encaisser un coup sans en rendre l'autre responsable». Autre facteur qui entre dans la balance: l'état du couple avant la crise. «Si c'est un couple qui fonctionnait bien, communiquait, et avait une solidité amoureuse et sexuelle, il survivra aux épreuves.»

Une chose est sûre, plus la période de stress est de courte durée, moins il y a de risques de voir une fissure apparaître. Et heureusement pour les Hildebrand, l'intérêt médiatique autour de leur couple devrait retomber d'ici quelques jours déjà, selon Valérie Gorin, sociologue à l'Université de Genève. Ce qui lui permettrait de panser ses plaies en privé et aller de l'avant. «Avant cette affaire, les Hildebrand étaient très peu médiatisés. Ils n'ont que très peu d'attributs qui les rendent people. Oui, ils sont riches, mais ils ne se mettent pas en avant, ne mènent pas une vie glamour et leur vie n'a pas été entachée par des événements qui impliquent des démêlés avec la justice, des affaires de drogue ou d'autres éléments sulfureux.» Cette discrétion à toute épreuve – finalement ont ne connaît du couple que l'année de naissance de sa fille, Natalia – sera le salut du couple.

Pas de soucis financiers en vue

L'affaire Hildebrand a souvent été mise en parallèle avec celle qui avait coûté son poste à Elisabeth Kopp, en 1989. Première femme élue au Conseil fédéral, elle avait présenté sa démission sous la pression des médias après avoir conseillé à son époux de se retirer d'une société aux activités douteuses. Chez Hildebrand, c'est une indélicatesse de Madame qui met le feu aux poudres. Chez les Kopp, c'était Monsieur qui avait fait imploser sa conjointe en plein vol. Cette différence pourrait-elle avoir une influence sur l'issue sentimentale de l'affaire? «Dans ce cas-là, je ne pense pas. Il est vrai que la notion d'emploi est plus essentielle pour l'homme, au niveau narcissique explique Dominique Chatton. Le travail est ce qui permet à l'homme de faire quelque chose pour sa famille, cela lui donne une validité. Mais dans le cas des Hildebrand, le rôle de pourvoyeur de bifteck n'est pas remis en cause. Le couple vit confortablement.» Et, aux dernières nouvelles, l'expert de la finance n'aurait pas de peine à retrouver un emploi dans le secteur privé, bien plus lucratif que son million de francs annuel de salaire à la BNS… Une fois que l'affaire se sera tassée, l'avenir s'annonce donc sous les meilleurs auspices pour le Lucernois et son épouse.

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