Tunisie: Le couvre-feu décrété après des heurts à Kasserine
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TunisieLe couvre-feu décrété après des heurts à Kasserine

La police tunisienne a dispersé mardi à Kasserine des manifestants réclamant des emplois. Quatorze personnes ont été blessées dans cette cité défavorisée du centre-ouest du pays.

CAPTURE D'ÉCRAN-TNN | Tunisia News Network

Un couvre-feu a été décrété mardi dans la ville de Kasserine en Tunisie. Quatorze personnes ont été blessées dans cette cité défavorisée du centre-ouest du pays lorsque la police a dispersé des manifestants réclamant des emplois.

La situation à Kasserine s'est détériorée samedi, suite au décès d'un chômeur. Agé de 28 ans, le jeune homme s'était électrocuté en montant sur un poteau près du siège du gouvernorat pour protester contre son retrait d'une liste d'embauches dans la fonction publique.

Blessures légères

Mardi en matinée, près de 500 personnes selon un correspondant de l'agence de presse afp - un millier d'après un responsable du ministère de l'Intérieur - s'étaient rassemblées devant le siège du gouvernorat. Elles scandaient «Le travail est un droit».

«Certains ont lancé des pierres, d'autres sont montés sur le toit du bâtiment. La police les a dispersés avec du gaz lacrymogène», a déclaré le responsable du ministère. «Quatorze personnes se trouvent à l'hôpital régional, toutes pour des blessures de peu de gravité», a par la suite indiqué le gouverneur de Kasserine, Chedly Bouallègue.

Armée à la rescousse

Le ministère de l'Intérieur a annoncé, en fin d'après-midi, qu'un couvre-feu avait été imposé dans la ville «de 18 h à 05 h du matin à compter de mardi».

La situation était «stable» à la mi-journée selon le responsable du ministère, mais des habitants avaient coupé l'une des principales rues de la ville avec des pneus en feu et l'armée s'était déployée devant le siège du gouvernorat, a précisé le correspondant de l'afp. Des commerces et des écoles ont aussi fermé plus tôt que d'habitude en raison des troubles.

Responsable limogé

Dimanche, suite au décès de Ridha Yahyaoui, plusieurs dizaines d'habitants avaient déjà exprimé leur colère en brûlant des pneus dans la cité. Lundi, 150 à 200 personnes avaient également protesté sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis, en brandissant des portraits du jeune homme.

Un haut responsable du gouvernorat de Kasserine a été limogé à la suite de ce décès. Et la présidence du gouvernement a annoncé l'ouverture d'une enquête.

(ats)

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