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AventureLe cow-boy se remet en selle

Au mois de mai, Kurt Hann a vu son magasin des Pâquis (GE) partir en fumée, suite à un incendie accidentel. Pas abattu, il va faire revivre son commerce.

par
Valérie Duby
Le Zurichois fait contre mauvaise fortune bon cœur. Il repart à la «chasse» aux fans de westerns.

Le Zurichois fait contre mauvaise fortune bon cœur. Il repart à la «chasse» aux fans de westerns.

Christian Bonzon

Six mois après l’incendie qui a détruit sa boutique, Kurt Hann – alias Kurt Cowboy – se remet en selle. Le samedi 28 octobre, il ouvre une nouvelle boutique*, en musique. Country, naturellement. À Genève depuis plus de quarante ans, le Zurichois d’origine qui n’a pas perdu une once de son accent a passé une partie de son été aux États-Unis pour commander bottes, vestes, chapeaux, gants, etc. «Tout mon stock était foutu avec l’eau qui a été déversée; la moisissure s’était installée sur tous les objets, les vêtements, les meubles. Il a fallu tout jeter, car c’était évidemment invendable!» Kurt Cowboy est un personnage des Pâquis, toujours habillé en cowboy. «Il est mondialement connu et reconnu. Beaucoup d’Américains se retrouvent chez lui quand ils viennent à Genève, explique Philippe Le Belge, un habitué du quartier. Il nous a manqué depuis le mois de mai, car c’est vraiment une figure du coin.»

Plus de 500 paires de bottes

Le commerçant de 68 ans, qui a importé le western, le country et l’Amérique aux Pâquis, a posé son cheval et sa selle au No 8 de la rue de Fribourg. Une échoppe toute belle, toute neuve et en bois – l’ancien magasin de sport Penseyres qui louait des skis au Tout-Genève – de 180 m2, soit le double de l’ancienne enseigne, avec des corners réservés à la mode masculine et féminine. Sans oublier un tout nouvel espace dédié à l’art indien. «On a eu la chance d’avoir une bonne assurance», constate Kurt Hann. Son fils Steve ajoute: «On a pu avancer relativement vite puisque tout l’inventaire, le bilan, étaient à jour.»

Chez Cowboy Kurt, on pourrait, paraît-il, se croire dans un magasin de l’Arizona, du Nouveau-Mexique ou du Texas avec tout ce bois, ces mannequins indiens, cette si chaleureuse odeur de cuir. «Là-bas, les cow-boys et les Indiens travaillent ensemble aujourd’hui dans les fermes; ils ne sont pas adversaires comme dans les westerns», sourit Kurt Hann.

Dans sa boutique, on trouve plus de 500 paires de bottes exposées. En autruche, en lézard, en crocodile… On y trouve la Rolls-Royce en la matière de bottes: la Lucchese. Tout ici sent bon le Far West. De leur voyage outre-Atlantique, l’été dernier, Kurt et son fils Steve ont rapporté «ce qui se fait de mieux». Des gants en peau de cerf, des chapeaux du Texas, de Californie et d’Australie, des mocassins indiens, des ponchos et des couvertures mexicaines ainsi que des sacs en cuir de bison et un choix de ceintures et de boucles, des bottes de «style motard», etc.

Écrans vidéo

Trois écrans installés sur les murs du magasin diffusent des vidéos de vieux westerns, des reportages «made in USA», où les clients peuvent assister à la fabrication de santiags, notamment.

Kurt Hann a importé l’Amérique à Genève – c’est la seule boutique du genre en Helvétie – il y a 35 ans. Et il va continuer à le faire avec son fils.

Un immeuble à «ciel ouvert»

TRAVAUX Les ouvriers sont à l’œuvre dans l’ancien Hôtel At Home, à l’angle des rues de Neuchâtel et de Fribourg, partiellement détruit par les flammes au mois de mai dernier. Lorsque le sinistre – accidentel – est survenu dans les combles, le bâtiment était justement en rénovation. Le toit a été entièrement détruit. «On voyait l’incendie à des kilomètres», raconte un voisin de l’établissement.

Aujourd’hui, les ouvriers poursuivent des travaux de nettoyage et de sécurisation du bâtiment, qui n’a plus de toit. «L’immeuble est à ciel ouvert», constate le responsable de la société GoodNight Partners chargée du pilotage de la rénovation de l’hôtel.

À quel horizon va-t-il rouvrir ses portes? Difficile à dire. «Nous sommes en train de réaliser une estimation des travaux pour la remise en état. On ne connaît pas encore totalement l’impact de l’incendie», poursuit le responsable.

Une certitude et non des moindres: il ne sera pas nécessaire de raser le bâtiment des Pâquis.

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