06.02.2015 à 10:29

EnquêteLe crash de Taïwan serait dû à une panne de moteurs

Selon les premiers éléments de l'enquête, les deux moteurs de l'avion qui a fini dans une rivière peu après le décollage étaient en panne.

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Le pilote de l'avion de la compagnie taïwanaise TransAsia victime d'un accident spectaculaire à Taipei a été salué comme un héros pour avoir apparemment tout fait pour éviter de s'écraser sur des quartiers habités. (Jeudi 5 février 2015)

Le pilote de l'avion de la compagnie taïwanaise TransAsia victime d'un accident spectaculaire à Taipei a été salué comme un héros pour avoir apparemment tout fait pour éviter de s'écraser sur des quartiers habités. (Jeudi 5 février 2015)

AFP
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L'accident est survenu vers 11h locales (4h suisses), quelques minutes après le décollage de l'avion de l'aéroport de Songshan, à Taipei, pour l'île de Kinmen. (4 février 2015)

L'accident est survenu vers 11h locales (4h suisses), quelques minutes après le décollage de l'avion de l'aéroport de Songshan, à Taipei, pour l'île de Kinmen. (4 février 2015)

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Les deux moteurs de l'ATR 72-600 victime d'un spectaculaire accident cette semaine à Taïwan étaient à l'arrêt avant la chute de l'appareil dans laquelle 35 personnes au moins ont trouvé la mort, ont annoncé ce vendredi 6 février les enquêteurs. L'appareil, dont les moteurs sont fabriqués par Pratt & Whitney Canada, s'est abîmé mercredi dans les eaux glacées d'une rivière peu après son décollage de l'aéroport Songshan de Taipei, avec 53 passagers et cinq membres d'équipage à bord, dont 31 ressortissants chinois.

Le vol GE235 de la compagnie taïwanaise TransAsia avait pour destination Kinmen, petite île côtière située à proximité du continent chinois mais contrôlée par Taïwan.

Des images vidéo amateur ont montré l'ATR 72-600 à turbopropulseur en train de perdre de l'altitude et de dévisser, puis heurter une autoroute et plonger dans une rivière. L'avion a laissé derrière lui une traînée de débris.

«D'après les données dont nous disposons, nous pouvons constater que (...) les deux moteurs n'ont exercé aucune poussée» dans les instants ayant précédé le crash, a déclaré Thomas Wang, directeur du Conseil de sécurité de l'aviation civile en charge de l'enquête sur la catastrophe.

SOS lancé

Une alarme s'est déclenchée signalant l'extinction du moteur droit à 10h53 minutes et 28 secondes alors que l'avion se trouvait à moins de 400 mètres d'altitude. Pour une raison inconnue, le pilote a aussitôt éteint le moteur gauche puis tenté de le redémarrer, sans y parvenir.

«Nous avons entendu un +SOS+ à 10:54.35'», a précisé Thomas Wang. «Nous n'avons pas encore déterminé pourquoi le moteur (gauche) a été éteint manuellement. Nous tentons toujours d'interpréter les données des boîtes noires», a-t-il dit.

Le pilote, Liao Chien-tsung, 41 ans, fait partie des 35 victimes. Quinze personnes ont survécu et les secouristes tentaient vendredi de retrouver les corps de huit disparus.

Le corps de Liao a été retrouvé dans le cockpit, les deux mains cramponnées à la poignée de commande de direction, et les deux jambes fracturées, selon le quotidien taïwanais China Times.

«Il s'est efforcé de tenir le manche jusqu'au dernier moment, avant que l'avion ne plonge dans la rivière, pour tenter de contrôler sa direction et de limiter les dégâts», affirme le quotidien, citant des sources proches de l'enquête.

Toutefois pour le site internet flightradar24, le pilote a vraisemblablement commis une erreur. «Les données de la boîte noire suggèrent que les pilotes ont pu éteindre le mauvais moteur et perdu toute puissance une minute après le décollage», affirme le site sur Twitter.

Par ailleurs, la Direction de l'aviation civile taïwanaise (CAA) a révélé vendredi que l'ATR accidenté mercredi avait connu un problème de moteur lors de son vol de livraison en avril dernier entre Toulouse (sud-ouest de la France) et l'Asie.

«Un des moteurs avait perdu sa puissance pendant le vol et avait dû être remplacé par le fabricant», Pratt & Whitney Canada, a indiqué Clark Lin, responsable des normes à la CAA.

La zone frappée par un typhon

Deux enquêteurs du Bureau d'enquête et d'analyses (BEA) français pour la sécurité de l'aviation civile devaient se rendre à Taïwan, ainsi que quatre ingénieurs d'ATR.

Il s'agit du deuxième accident subi par la compagnie taïwanaise en un peu plus de six mois, après le crash le 23 juillet d'un vol intérieur qui s'était écrasé avec 54 passagers et quatre membres d'équipage sur une île de l'archipel touristique de Penghu, au large de la côte occidentale de Taïwan. Quarante-huit personnes, dont deux Françaises, avaient été tuées. La zone était frappée au moment de l'accident par un typhon.

Le directeur de l'aviation civile taïwanaise, Lin Tyh-ming, a indiqué que TransAsia avait reçu une feuille de route pour améliorer ses normes de sécurité et la qualification de ses pilotes après la tragédie de juillet mais qu'elle n'avait rempli ses obligations qu'aux deux tiers en décembre.

La compagnie a jusqu'au mois de juin pour se mettre en conformité faute de quoi elle s'expose «à des sanctions en fonction de la gravité des infractions», a assuré Clark Lin. TransAsia s'est vu provisoirement interdire d'ouvrir de nouvelles liaisons.

(AFP)

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