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AmourLe curé convoque ses paroissiens et leur annonce son mariage

A Arezzo, un prêtre italien s'est dit «fatigué de se cacher». Il a convoqué ses paroissiens pour leur annoncer qu'il s'apprêtait à jeter sa soutane aux orties.

par
ARIEL F. DUMONT
ROME
DR

«Je l'aime et je vais l'épouser». Normalement, une telle déclaration d'amour suscite la tendresse. Mais, prononcée par un prêtre et qui plus est en public, cette phrase a de quoi faire sursauter. La chose s'est passée en milieu de semaine dans la cité natale de Guido d'Arezzo, le moine qui inventa le solfège autour de l'an 1028. C'est dans cette petite ville située à 226 km du cœur de la chrétienté que le Père Mario Marchinu œuvre depuis quasi vingt-sept ans. Cet homme au visage rond, barbu et surmonté de petites lunettes en acier très années 1950, connaît tout le monde et ses fidèles l'apprécient. On lui demande conseil, on l'invite, on lui rend visite entre deux messes. En somme, le Don fait partie de la grande famille qui fréquente sa paroisse et croyait le connaître.

Du moins avant la grande confession, puisque personne ne savait que le père avait un secret: une fiancée cachée. Pour confesser la chose, Don Marchinu a allumé son ordinateur par un après-midi pluvieux et convoqué ses ouailles par courriel. L'assemblée aurait lieu en dehors des horaires de messe, a précisé le curé dans sa missive électronique. De quoi éveiller la curiosité des fidèles, qui s'attendaient à tout sauf à une déclaration d'amour.

Des fidèles en larmes

Selon quelques témoins, le prêtre aurait expliqué qu'il avait depuis longtemps «un lien affectif avec une femme». Mais sans préciser depuis quand. Il a ajouté qu'il était fatigué de mentir et de se cacher. Il paraît que quelques fidèles se sont mis à pleurer. A la fin, Don Marchinu s'est excusé, tout en ajoutant qu'il «n'avait pas le choix».

Tandis que les fidèles discutaient sur le parvis de l'église, à l'évêché le supérieur du curé, Mgr Fontana, s'interrogeait. «Tout cela est extrêmement douloureux. D'abord, parce que, sur le plan pastoral, nous perdons un frère avec qui nous avons partagé tant de moments importants. Et puis, parce que nous n'avons pas su décrypter la situation durant les derniers mois ou les dernières années», a déclaré l'archevêque. Du côté des paroissiens, les avis sont partagés. Comme l'archevêque, certains se sentent coupables car ils n'ont pas su comprendre que leur Don avait décidé de changer de vie. Pour d'autres, en revanche, un abbé ne peut pas jeter l'éponge car «Dieu, c'est pour toujours». D'autres encore jouent les philosophes et affirment: «C'est la vie, le monde change.»

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