11.11.2020 à 23:02

Amérique centraleLe cyclone Eta a «dévasté la vie» de plus d’un million d’enfants

Eta, qui a frappé d’abord le Nicaragua comme ouragan de catégorie 4, a balayé l’Amérique centrale avec des pluies diluviennes, provoquant d’importants dégâts.

Beaucoup de familles sont à présent sans foyer.

Beaucoup de familles sont à présent sans foyer.

Keystone

Le cyclone Eta, qui a fait la semaine dernière plus de 200 morts et disparus en Amérique centrale, a «dévasté la vie de plus de 1,2 million d’enfants» dans la région, s’alarme mercredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

«Plusieurs jours de pluies torrentielles et des inondations catastrophiques causées par la tempête tropicale Eta ont dévasté la vie de plus de 1,2 million d’enfants et d’adolescents en Amérique centrale», indique l’Unicef dans un communiqué.

Le nombre d’enfants et adolescents mineurs affectés par le passage du cyclone «devrait augmenter au fur et à mesure que les équipes de secours (pourront) accéder aux zones les plus touchées», ajoute l’agence de l’ONU.

Graves dégâts

Eta, qui a frappé d’abord le Nicaragua comme ouragan de catégorie 4, a balayé l’Amérique centrale avec des pluies diluviennes. Affaibli au rang de dépression tropicale par son passage sur l’isthme centro-américain, il a ensuite regagné la mer des Caraïbes.

L’ouragan a causé de graves dégâts dans toute l’Amérique centrale, notamment aux infrastructures routières, à des hôpitaux, des écoles et aux réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement.

Selon l’Unicef, plus de 110’000 sinistrés, dont quelque 44’000 enfants, ont été évacués vers des refuges temporaires dans les sept pays de la région. «J’ai vu ma maison qui s’effondrait, et je suis parti dans un refuge. (…) Il ne me reste rien. Je n’ai plus mon uniforme d’écolier», s’est lamenté auprès de personnels de l’Unicef John Dell, un enfant de 13 ans originaire de Bilwi, la principale ville portuaire de la côte caraïbe du nord du Nicaragua, durement frappée par Eta.

«J’ai perdu toutes mes chemises et mes pantalons. J’aimerais pouvoir regagner ma maison et avoir de l’eau et à manger», a ajouté le garçon.

Familles coupées du monde

Beaucoup de familles sont à présent sans foyer, ou sont restées bloquées, coupées du monde, sur le toit de leurs maisons dans des zones inondées, avertit le directeur intérimaire de l’Unicef pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Bernt Aasen.

L’Unicef a commencé à distribuer des équipements d’hygiène comme des citernes d’eau, des comprimés de désinfection de l’eau et des kits de tests de qualité de l’eau, ainsi que des jeux pour les enfants.

«L’accès à l’eau et l’assainissement sont devenus très problématiques dans les zones touchées par Eta», ce qui «augmente le risque de maladies transmises aux enfants par l’eau, de même que le risque de contamination par le Covid-19 dans les refuges», a souligné Bernt Aasen.

Le Guatemala appelle à l’aide internationale

Le Guatemala a lancé mercredi un appel à l’aide international pour surmonter les dégâts du passage de l’ouragan Eta. «La capacité de réponse nationale a été dépassée», a déclaré dans un communiqué Oscar Cossio, secrétaire exécutif de la Coordination pour la réduction des catastrophes (Conred), expliquant l’urgence de l’appel à la communauté internationale.

Le ministère des Affaires étrangères a envoyé l’appel au corps diplomatique, aux organisations internationales et aux agences de coopération internationale accréditées au Guatemala et à travers les missions diplomatiques à l’étranger, a détaillé la Conred. Le parlement du Guatemala a déclaré mercredi l’état de calamité publique dans dix des 22 départements du pays.

Mardi, les secouristes et l’armée ont suspendu la recherche de personnes disparues dans une communauté autochtone du nord, où quelque 150 habitations ont été enterrées par un glissement de terrain. Selon les autorités, au moins 100 indigènes mayas ont été ensevelis par ce glissement de terrain dans cette région défavorisée, mais seuls huit corps ont été retrouvés.

(AFP/NXP)

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