Bienne: Le «Danke» d'une figure locale est devenu «Merci»
Actualisé

BienneLe «Danke» d'une figure locale est devenu «Merci»

Narcis Ghazarian, dit Raspoutine, est connu pour poser ses messages dans l'espace public biennois. Mercredi, un tantinet incité par «LeMatin.ch», il a joué le jeu du bilinguisme.

par
lematin.ch
1 / 8
Mercredi matin à Bienne, Raspoutine a dit «Merci» en français.

Mercredi matin à Bienne, Raspoutine a dit «Merci» en français.

VDé
Dimanche sur la place Guisan, il s'était contenté d'un «Danke».

Dimanche sur la place Guisan, il s'était contenté d'un «Danke».

VDé
Incité par «leMatin.ch», Raspoutine s'est remis au travail.

Incité par «leMatin.ch», Raspoutine s'est remis au travail.

VDé

Depuis dix ans, l'immigré libanais Narcis «Raspoutine» Ghazarian fait ce qui lui plaît avec son lettrage, sur le rond-point de la place du Général Guisan, face à la gare de Bienne. En pleine pandémie, il y a posé dimanche dernier les cinq lettres qui font «Danke», sans penser aux francophones qui composent 42% de la population.

«Ce n'est pas difficile à comprendre, «Danke», non?», a répondu Raspoutine au «matin.ch», qui lui a fait la remarque. Argument invoqué: «À Lausanne, on ne mettrait pas «Danke» ou «Grazie»...». Établi à Bienne depuis un demi-siècle, Raspoutine fait là mine d'ignorer que Biel/Bienne est une ville officiellement bilingue.

Avant midi

Bon prince, Raspoutine a promis lundi un «Danke» en français. Promesse tenue le 1er avril, jour anniversaire de sa fille: avant midi, Raspoutine a fixé un «Merci» découpé la veille dans son atelier, avec un M flanqué d'un cœur rouge et d'orchidées artificielles.

À qui dit-il merci? La question étonne Raspoutine: «Aux médecins, aux caissières, à tous ceux qui sont au front! À qui d'autres?». Sauf que tous les passants ne comprennent pas: le rond-point est attribué en ce moment à la Société Nautique Etoile Bienne (SNEB), un club d'aviron qui fête ses 125 ans confiné, sans entraînements.

Fanion du club

Les lettres SNEB ont été tracées par terre avec des fleurs par les jardiniers municipaux. Raspoutine n'a pas prêté attention à cette décoration, ni même au fanion du club qui flotte sur le rond-point. L'objet qu'il a pris pour un cadran solaire représente un bateau avec des rames...

«Je n'ai pas demandé d'autorisation: on me l'aurait refusée», confie Narcis «Raspoutine» Ghazarian. Sa plaidoirie est écrite d'avance: «Je ne fais rien de mal en disant merci».

Âgé de 77 ans, ce décorateur et magicien reste confiné juste ce qu'il faut. «Trois fois par semaine, je m'autorise un pique-nique tout seul dans la forêt», confie ce résident de la rue de la Gare, animateur d'anniversaires et de mariages.

Vincent Donzé

Votre opinion