Covid-19 - Le déconfinement continue en Angleterre malgré le variant indien 
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Covid-19Le déconfinement continue en Angleterre malgré le variant indien

Pays le plus meurtri d’Europe par la pandémie, le Royaume-Uni retrouve un peu de liberté dès ce lundi, malgré la poussée inquiétante du variant indien.

Dès ce lundi, les restaurants et pubs peuvent rouvrir leurs espaces intérieurs dans toute la Grande-Bretagne. 

Dès ce lundi, les restaurants et pubs peuvent rouvrir leurs espaces intérieurs dans toute la Grande-Bretagne.

AFP

Dîner à l’intérieur d’un restaurant ou aller voir un match de foot au stade: les Anglais retrouvent quelques libertés, lundi, malgré l’inquiétude face à la progression du variant indien, susceptible de remettre en question la levée de toutes les restrictions liées à la pandémie.

Pays le plus meurtri d’Europe par la pandémie de coronavirus avec près de 128’000 morts, le Royaume-Uni a vu sa situation sanitaire nettement s’améliorer, après un strict confinement durant l’hiver et une campagne de vaccination menée tambour battant. Mais des poussées récentes du variant indien, surtout dans le nord-ouest de l’Angleterre, sont venues assombrir ce tableau.

Pas de raison de repousser les assouplissements

Tout en demandant aux Britanniques d’être «prudents», le Premier ministre Boris Johnson a estimé qu’il n’y avait, à ce stade, aucune raison de repousser l’assouplissement de lundi, avec la réouverture des pubs et restaurants à l’intérieur – les terrasses avaient rouvert en avril - hôtels, musées, salles de spectacles et stades avec jusqu’à 10’000 spectateurs.

Interdites depuis de longs mois, les retrouvailles à la maison sont de nouveau autorisées – mais limitées à six personnes ou deux foyers maximum - de même que les vacances à l’étranger, même si seules quelques destinations sont exemptées de quarantaine au retour.

Certains vacanciers n’avaient pas perdu de temps, comme Keith et Janice Tomsett, un couple de retraités âgés de 72 et 71 ans «impatients» de partir sur l’île portuguaise de Madère, une des rares destinations non soumises à la quarantaine au retour au Royaume-Uni. «Après 15 mois à être restés enfermés, ça fait énormément de bien», a témoigné M. Tomsett, interrogé par l’agence PA à l’aéroport de Gatwick.

En Ecosse, où le gouvernement local décide de son propre calendrier de déconfinement, le relâchement de certaines restrictions ne s’applique pas à des zones subissant des poussées épidémiques, comme Glasgow.

«Grande dose de précaution»

Boris Johnson a appelé à profiter de ces nouvelles libertés avec «une grande dose de précaution». Il a souligné que la propagation du variant indien était «sous étroite surveillance». Le nombre de cas attribués au variant B1.617.2 au Royaume-Uni a plus que doublé en une semaine, à plus de 1300 la semaine dernière.

S’il s’avère très contagieux, la levée de presque toutes les restrictions en Angleterre, prévue le 21 juin, pourrait être remise en question, a indiqué le dirigeant conservateur. Appelant la population à faire preuve de «bon sens», le ministre chargé des Entreprises, Kwasi Karteng, a déclaré lundi à SkyNews que «si nous agissons de manière raisonnable, il n’y a pas de raison de supposer que nous ne pourrons rouvrir entièrement l’économie le 21 juin».

Dans l’immédiat, pour enrayer la progression du variant, le dépistage a été renforcé dans les zones affectées et l’intervalle entre les deux doses de vaccin été réduit à huit semaines (jusqu’à trois mois actuellement) pour les plus de 50 ans. Selon le ministre de la Santé, Matt Hancock, il y a «un fort degré de certitude» que les vaccins sont efficaces contre le variant.

Depuis le début de la campagne de vaccination début décembre, plus de 36 millions de personnes ont déjà reçu une première dose, et quelque 20 millions ont été totalement vaccinées, soit près de 40% de la population adulte. Le gouvernement compte proposer une première dose à tous les adultes, d’ici fin juillet.

Jusqu’à 50% plus contagieux

Face à la levée de nouvelles restrictions, lundi, le comité scientifique conseillant le gouvernement (Sage) s’est montré circonspect. Il a estimé qu’il existait une «possibilité réaliste» que le variant soit jusqu’à 50% plus contagieux que celui apparu fin 2020 en Angleterre. Ce dernier avait entraîné une flambée des contaminations et des décès, contraignant le Royaume-Uni à se reconfiner en janvier pour de longs mois.

Dès lors, a-t-il prévenu, le relâchement pourrait «conduire à une recrudescence substantielle des hospitalisations, similaire ou plus importante que les pics précédents», quand les services de santé étaient au bord de la saturation.

Déjà critiqué pour n’avoir pas immédiatement pris la mesure de l’ampleur de la crise sanitaire au début de la pandémie, le gouvernement s’est défendu d’avoir tardé à agir face à l’émergence du variant, en ne durcissant pas plus vite les restrictions touchant les voyageurs venant d’Inde.

(AFP)

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