Actualisé 21.06.2020 à 08:57

CoronavirusLe déconfinement en Suisse est trop rapide

Le chef de la Task Force spéciale Covid-19 avertit dans la presse dominicale: vu la hausse de la contagiosité, l'assouplissement annoncé le 11 mai par le gouvernement est trop prompt.

Matthias Egger, chef de la Task force.

Matthias Egger, chef de la Task force.

Keystone

Le chef du groupe de travail Covid-19 de la Confédération helvétique, Matthias Egger, estime dans la presse dominicale que les mesures de déconfinement annoncées vendredi sont prématurées. L'ouverture est trop rapide, affirme-t-il.

La Suisse n'est pas encore prête pour les derniers assouplissements, déclare Matthias Egger dans des entretiens diffusés dimanche par la «NZZ am Sonntag», la «SonntagsZeitung» et le «SonntagsBlick». Selon lui, il manque encore un système de surveillance fonctionnel pour tout le pays.

Il n'est en outre pas clair si le traçage des contacts est bien établi, ajoute-t-il. D'un point de vue scientifique, le déconfinement comporte un risque élevé de voir la situation dérailler, si la propagation du virus augmente à nouveau, poursuit-il.

Le Conseil fédéral a assoupli vendredi une nouvelle fois les restrictions mises en place pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, mettant notamment fin à l'état de situation extraordinaire. Il a également réduit la distance entre deux personnes dans l'espace public, à 1,5 mètre, et a autorisé les rassemblements de 1000 personnes.

Hausse des contaminations

Matthias Egger constate dans les journaux que la lutte contre l'épidémie s'est passée jusqu'à présent de manière réjouissante, le nombre de cas de contamination ayant pu être réduit de manière significative. Il remarque cependant que le nombre d'infections augmente à nouveau ces deux dernières semaines. Selon lui, il est probable que le taux de reproduction du Covid-19 est à nouveau de 1, voire plus.

Il existe un risque que le nombre de cas croît fortement ces prochains temps, avertit le responsable. La Task Force mise en place pour l'épidémie de Covid-19 considère qu'il est prématuré de lever de nouvelles restrictions, ajoute-t-il.

D'après lui, la hausse récente du nombre de cas et du taux de contagiosité est probablement due à l'assouplissement annoncé le 11 mai par le gouvernement. Les effets des déconfinements du 28 mai, du 6 juin et du 15 juin ne sont pas encore clairs. Les mesures destinées à combattre une nouvelle augmentation du nombre de cas n'ont pas encore été pleinement mises en œuvre.

Port du masque obligatoire

Matthias Egger insiste sur l'importance des liens entre dépistage, localisation et quarantaine dans les cantons, ainsi que sur celle de la vaste collecte de données, qui doit permettre de suivre l'épidémie quasiment en temps réel. «Nous devons savoir exactement où sont les cas et s'ils peuvent être liés à d'autres cas».

Il sera important à l'avenir d'effectuer des tests rapidement et à grande échelle dans des situations de risque. Cela doit permettre de détecter et d'interrompre les chaînes de transmission. Si l'on soupçonne la présence d'un foyer, il faut tester non seulement les contacts proches des personnes infectées, mais aussi tout leur entourage.

Matthias Egger s'est également prononcé sur l'obligation de porter un masque. Selon le spécialiste, le récent assouplissement obligera bientôt son introduction à grande échelle.

(ats)

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