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JUSTICELe «dépeceur de Montréal» plaide la démence

Le procès du Canadien Luka Rocco Magnotta, accusé d'avoir tué et dépecé un étudiant chinois, s'est ouvert lundi à Montréal.

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Luka Magnotta lors de son arrivée à Montréal en juin 2012, après avoir été extradé d'Allemagne, suite à son arrestation.

Luka Magnotta lors de son arrivée à Montréal en juin 2012, après avoir été extradé d'Allemagne, suite à son arrestation.

AFP
L'image la plus récente diffusée du tueur présumé Luka Rocco Magnotta, âgé de 29 ans.

L'image la plus récente diffusée du tueur présumé Luka Rocco Magnotta, âgé de 29 ans.

AFP
L'école primaire de False Creek, à Vancouver, où une partie de cadavre a été envoyée par la poste.

L'école primaire de False Creek, à Vancouver, où une partie de cadavre a été envoyée par la poste.

Keystone

Le Canadien Luka Rocco Magnotta, accusé d'avoir tué et dépecé un étudiant chinois en 2012, a plaidé non-coupable, lundi 29 septembre, à l'ouverture de son procès, même si le juge a indiqué qu'il avait reconnu «les faits» reprochés lors de l'enquête.

L'enjeu de ce procès, prévu pour durer tout l'automne, va donc être d'établir si oui on non cet ancien acteur porno a agi avec «l'état d'esprit requis» pour être considéré comme maître de ses actes, a expliqué le juge Guy Cournoyer aux 12 jurés.

Le magistrat a indiqué en préalable aux plaidoiries que l'accusé de 32 ans avait «reconnu les faits» lors de l'enquête menée en vue du procès de cette affaire criminelle retentissante, l'une des plus sordides de l'histoire du Canada.

Passible de l'emprisonnement à vie

L'accusé est confiné dans une cellule vitrée, dans une petite salle d'audience étriquée ne pouvant accueillir que 13 spectateurs, cinq personnes du public, cinq journalistes, le père de Lin Jun, l'étudiant chinois assassiné, ainsi que son avocat et son interprète.

D'une faible voix aiguë, Luka Rocco Magnotta a plaidé «non-coupable» à chacun des cinq chefs d'accusation pesant contre lui. Il est passible de l'emprisonnement à vie.

Un crime «planifié et délibéré»

Face à lui, l'accusation a expliqué avoir l'intention de démontrer que ce crime était «planifié et délibéré» et qu'il avait été préparé depuis au moins six mois, soit dès décembre 2011, a lancé le procureur de la Couronne représentant la partie civile, Louis Bouthillier.

Pour ce faire, Me Bouthillier compte faire témoigner un journaliste britannique du London Sun, Alex West, qui avait rencontré Magnotta fin 2011 lorsqu'il enquêtait sur une vidéo diffusée sur internet montrant des chatons se faire dévorer par un boa. Alex West va lire des courriels dans lesquels l'accusé lui écrit qu'il va commettre un meurtre et le filmer, a ajouté Me Bouthillier.

De graves problèmes de santé mentale

L'avocat de Luka Rocco Magnotta, Luc Leclair, entend prouver que son client souffrait de problèmes de santé mentale graves lorsqu'il a commis le meurtre et qu'il doit par conséquent en être déclaré «non criminellement responsable».

Il entend soumettre un rapport montrant qu'il avait été diagnostiqué «schizophrène» des l'âge de 19 ans, trouble dont souffre aussi son père, qui doit témoigner en sa faveur. Un mois avant le meurtre, en avril 2012, un autre psychiatre avait établi qu'il souffrait de «trouble de personnalité limite», a précisé Me Leclair.

Six à huit semaines de procès

Présidé par le juge Guy Cournoyer, le procès est prévu pour durer de six à huit semaines. Les débats se déroulent surtout en anglais devant un jury de 12 personnes, six hommes et six femmes, choisis parmi plusieurs centaines de candidats potentiels.

Luka Magnotta est accusé d'avoir tué chez lui avec un pic à glace son ancien petit ami Lin Jun. Il est également poursuivi pour outrage à cadavre pour l'avoir découpé, de diffusion de matériel obscène pour avoir posté une vidéo des faits sur internet, d'envoi par courrier de morceaux du cadavre, et de harcèlement vis-à-vis du Premier ministre canadien Stephen Harper et de députés.

Une valise entourée de mouche

L'affaire avait commencé en mai 2012 avec la découverte du torse décapité de la victime dans une valise jetée sur un tas d'ordures dans une ruelle de Montréal.

Le premier témoin entendu lundi a été une policière de Montréal, Caroline Simoneau. Elle est l'une des premières personnes a avoir vu la valise, entourée de mouches et qui dégageait une forte odeur, a-t-elle dit.

Cavale en France et en Allemagne

Avant de s'envoler pour Paris le 26 mai, le suspect aurait envoyé les pieds et les mains de la victime par colis postal au siège du Parti conservateur canadien et à celui du Parti libéral, à Ottawa, ainsi qu'à deux écoles de Vancouver. La tête de la victime n'avait été retrouvée qu'en juillet 2012 dans un parc de Montréal.

La cavale du tueur présumé l'avait ensuite conduit en Allemagne, où il avait été arrêté le 4 juin 2012 dans un cybercafé de Berlin, avant d'être rapidement extradé au Canada.

(ats)

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