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BerneLe dernier coup de clochette

Isabelle Moret se souviendra de son année de présidence, dont le programme a été totalement bouleversé.

par
Eric Felley
Isabelle Moret aura présidé le Conseil national durant une année qui restera dans les annales.

Isabelle Moret aura présidé le Conseil national durant une année qui restera dans les annales.

KEYSTONE

En politique, on ne peut jamais prédire ce que l’avenir nous réserve. La conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD) espérait en 2017 devenir conseillère fédérale, mais les Chambres fédérales lui ont préféré Ignazio Cassis. En compensation, elle a accédé à la présidence du Conseil national pour la période 2019-2020. Elle devait partager cet honneur avec sa collègue vaudoise Géraldine Savary (PS/VD). Deux Vaudoises aux deux présidences, l’année s’annonçait épique. Hélas, la seconde a dû jeter l’éponge après les attaques dont elle a fait l’objet. C’est finalement en compagnie de Hans Stöckli (PS/BE) qu’elle a passé cette année très particulière.

Tout avait pourtant bien commencé lors de la session de décembre 2019 avec un somptueux buffet de «vaudoiseries» gourmandes au son des tambours. À partir de fin février, la menace s’est faite plus précise. Isabelle Moret a dû remettre à l’ordre sa collègue Magdalena Martullo-Blocher (UDC/GR), qui portait un masque de protection… Ce n’était qu’un début. La session de printemps a dû être interrompue deux semaines après. A ce moment-là, personne ne pensait que le virus allait s’installer durablement jusqu’à Noël.

Un Parlement à déménager

Avec son collègue de Bienne, ils ont fait déménager le Parlement pour la première fois de son histoire. Tout le monde s’est retrouvé à Bernexpo pour la session de juin dans une salle de 5000 m² pour que chacun garde bien ses distances. L’agacement était alors palpable parmi les élus, car l’épidémie semblait derrière. Décision a été prise de retourner au Palais fédéral, mais le rebond de l’épidémie a obligé de construire des box en plexiglas pour la session de septembre, qui sont toujours là en décembre,

L’épidémie a affecté les activités du Parlement. D’une part parce qu’il a fallu intégrer dans son programme toutes les mesures prises par le Conseil fédéral et les traiter sur plan législatif. De l’autre, les à-côtés de la vie parlementaire, les bons côtés dirons-nous, ont fait les frais des mesures de protection. Plus de réunions, plus de sorties, plus de visites, plus d’assemblées, plus d’apéritifs, plus de repas… Comme ailleurs dans la société, la convivialité en a pris un sacré coup. Mais cela n’a jamais terni le sourire et l’assurance de la présidente.

Son discours d’adieu

Privés de leurs obligations protocolaires, Isabelle Moret et Hans Stöckli ont alors pris leur bâton de pèlerin pour sillonner les cantons et apporter leur soutien. Lundi, la Vaudoise a donné son dernier coup de clochette pour demander le silence. Elle a fait un court discours d’adieu dans lequel elle a insisté sur le fait que nous n’étions pas assez préparés à une telle épidémie. «La prévention doit devenir la pierre angulaire de notre système de santé». Puis elle a confié la clochette à son successeur, Andreas Aebi (UDC/BE) en disant: «Hans Stöckli et moi nous laissons un Parlement capable de traverser les vagues suivantes…» Longuement applaudie, elle n’a pu retenir une larme.

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33 commentaires
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Infernale

01.12.2020 à 11:05

On a pu la voir dans les 120min où elle était l' invitée... même en dehors d'un cadre politique, elle est infefernal, c'est une vraie cloche.

Lévystrauss

01.12.2020 à 04:59

retour au troupeau

Y a pas de honte

30.11.2020 à 21:08

Si je me souviens bien, Mme Moret fait partie d'une faîtière importante des hôpitaux, donc maintenant elle pourrait agir efficacement pour le personnel soignant et se battre pour eux, elle marquera des points ainsi.