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Rallye-raidLe deuxième Dakar en Arabie, le premier sous Covid

Les organisateurs et les concurrents ont passé par tous les états d’âme ces dix derniers jours. Le prologue est programmé le 2 janvier à Jeddah. Le grand départ sera donné le lendemain.

par
Jean-Claude Schertenleib
Le départ de l’édition 2021 du Dakar sera donné le 2 janvier à Jeddah.

Le départ de l’édition 2021 du Dakar sera donné le 2 janvier à Jeddah.

LDD

C’est un cauchemar pour les géographes, c’est une évolution devenue nécessaire: le Paris-Dakar originel, né de l’esprit de Thierry Sabine il y a plus de quarante ans, a dû s’adapter. Oublié depuis longtemps le départ grelottant de Paris au petit matin du 1er de l’An; oubliée la traversée verglacée de la France en direction d’un port de la Méditerranée. Oubliés le débarquement en Afrique, le système D, les galères et les drames qui ont fait de cette épreuve africaine vraiment unique une sorte de mythe. Une épreuve adorée ou haïe, encensée ou critiquée, souvent menacée mais étonnamment solide, au point tel qu’elle a survécu à la disparition de son créateur. Mais pas aux bouleversements du début du XXIe siècle, marqués par la multiplication des mouvements et des actes terroristes.

Une tension telle qu’elle a obligé les organisateurs à annuler l’édition 2008 à l’avant-veille du départ de Lisbonne: la Mauritanie, que devait traverser la caravane, n’était plus en mesure d’en assurer la sécurité. Un coup dur, mais aussi un coup de fouet: en 2009, le «Dakar» découvrait l’Amérique du Sud pour onze rallyes, avant de changer une nouvelle fois de continent début 2020. Cap, cette fois, sur l’Arabie Saoudite.

Les acteurs ont été écoutés

Cette première – victoire sur deux roues de l’Américain Ricky Brabec (Honda) et, sur quatre, des Espagnols Carlos Sainz Senior – Lucas Cruz (Mini) -, considérée comme réussie, a néanmoins provoqué un débat dans la mesure où le parcours de la seconde partie de la course avait été considéré comme trop «facile», donc plus dangereux parce que trop rapide: «Nous avons été écoutés», explique ainsi le Lausannois Nicolas Brabeck-Letmathe et le parcours qui nous attend est totalement nouveau.» Une sorte de grande boucle Jeddah – Jeddah, 12 jours de course, 7600 kilomètres dont 4700 de spéciales, avec des dunes dès le deuxième jour, lundi 4 janvier, entre Bisha et Wadi Ad-Dawasir.

Le Vaudois Nicolas Brabeck

Le Vaudois Nicolas Brabeck

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Ce deuxième Dakar en Arabie Saoudite, en plus des difficultés propres à l’épreuve, a naturellement dû s’adapter à la situation sanitaire internationale. Les vols réguliers au départ et à l’arrivée de Jeddah ayant été supprimés, c’est par charters que les participants ont rejoint l’Arabie Saoudite au lendemain de Noël, où ils ont tous été mis en quarantaine, avant de pouvoir récupérer leurs véhicules et entrer, dûment contrôlés, dans une grande «bulle» dont ils ne sortiront qu’après l’arrivée.

Sainz, Loeb, Al-Attiyah, Peterhansel et tous les autres

Sur quatre roues, on attend un nouveau duel Mini – Toyota, le tenant du titre Sainz, Monsieur Dakar Stéphane Peterhansel et l’Argentin Terranova d’un côté; Al Attiyah, Al Rahji, De Villiers et Ten Brinke de l’autre. Avec de sérieux adversaires possibles, comme le multiple champion du monde WRC Sébastien Loeb, aux commandes d’un Hunter, un prototype conçu par le spécialiste britannique Prodrive pour le compte du royaume de Bahreïn (moteur V6 Turbo essence de 3,5 litres). Cinq fois vainqueur de l’épreuve sur deux roues, le Français Cyril Despres partagera sa Peugeot avec l’aventurier de Château-d’Oex Mike Horn, les deux hommes s’étant engagés dans un projet de développement d’un véhicule à hydrogène à l’horizon 2022.

Dans la catégorie moto, ce sera Honda (dernier vainqueur en date) face aux différentes marques (KTM, Husqvarna, GasGas) du groupe autrichien KTM Mobility. Yamaha tiendra le rôle de l’arbitre, avec notamment le Français Adrien Van Beveren.

Rebellion: après l’endurance, le rallye-raid

Le Lausannois Alexandre Pesci vivra sa deuxième expérience au Dakar.

Le Lausannois Alexandre Pesci vivra sa deuxième expérience au Dakar.

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Rebellion et le sport automobile, ce fut, jusqu’au début de l’automne, des pages glorieuses en endurance, l’équipe vaudoise y représentait alors l’unique et très solide défi au gigantisme de Toyota. En janvier dernier, déjà, Alexandre Pesci, le «boss», avait découvert le Dakar. C’était la première course de sa vie – «parce qu’à 30 ans, on n’a pas l’argent et à 40, on n’a pas le temps», disait-il alors - aux commandes d’un proto baptisé Rebellion et développé par le Français Romain Dumas, sur une base Peugeot. L’aventure s’était terminée par une 43e place au général, un troisième rang parmi les débutants; une sacrée performance pour celui que la plupart des spécialistes vouaient déjà aux pires difficultés. Non seulement, il s’en est sorti, son copain Stephan Kuhni – qui est aussi son dentiste! - sur le siège de droite, mais encore il en redemande: «Physiquement, j’ai prouvé que je tenais le coup, je me suis bien préparé, mon but est de faire mieux que l’an dernier», explique l’industriel lausannois. Le but de Romain Dumas, premier pilote de l’équipe, sera de jouer le top 10 au volant d’une voiture qui a été améliorée sur tous les plans, après les expériences de janvier 2020.

Nicolas Brabeck, le débutant expérimenté

Nicolas Brabeck-Letmathe est à la fois le plus expérimenté des Romands – cinq participations, quatre fois à l’arrivée à moto – et le débutant du Dakar 2021. Il a en effet décidé de s’engager pour la première fois sur quatre roues, avec un SSV (buggy) dont il a découvert les secrets fin novembre, au Maroc: «Le comportement est différent de celui qu’on attend généralement d’une voiture; ainsi, dans les dunes, avec les transferts de masse, j’ai l’impression que c’est plus proche du pilotage d’une moto, ce qui n’est pas pour me déplaire. La conduite d’un tel véhicule procure un énorme plaisir. Et c’est l’essentiel.»

Vincent Gonzalez, acte deux

Du plaisir, le Genevois Vincent Gonzalez en avait éprouvé beaucoup en janvier 2020 pour sa découverte de l’épreuve-reine de la discipline, malgré quelques galères, dont un sérieux souci électrique sur son SSV à la veille de l'arrivée: «Je repars avec le même véhicule, mais amélioré dans tous les domaines», explique Gonzalez qui, comme tous les concurrents, a dû observer une quarantaine de 48 heures à son arrivée à Jeddah, avant d’être convoqué pour un nouveau contrôle PCR: «Ce n’est qu’à ces conditions que nous avons eu droit d’entrer dans la «bulle» du Dakar», ajoute le Genevois.

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7 commentaires
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un lecteur pas content

02.01.2021 à 15:33

jaime pas votre censure

le plombier de nulle par

02.01.2021 à 15:32

jaime bien le paris dakar

le plombier de nulle part

02.01.2021 à 15:31

le paris dakar amène de la joie ne voyer pas que les mauvais coter et des biens de première necessiter pour les gens la bas meme si maintenant c'est plus le parcours d'origine pas comme mes opposant et ceux qui meme pas et qui font une fixation sur moi