11.04.2014 à 12:16

CaracasLe dialogue est ouvert au Venezuela, après 2 mois de crise

La première session du dialogue entre gouvernement et opposition au Venezuela s'est limitée dans la nuit de jeudi à vendredi à six heures d'échanges de reproches, avant une nouvelle réunion prévue mardi.

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Après plus de deux mois de protestations antigouvernementales, Nicolas Maduro a notamment reçu Henrique Capriles, le chef de l'opposition.

Les échanges, retransmis en direct sur toutes les radios et télévisions du pays, ont montré que personne ne semblait prêt à faire la moindre concession, dans ce pays toujours extrêmement polarisé entre partisans et opposants du modèle «chaviste».

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a très vite catégoriquement rejeté les principales demandes de l'opposition: l'amnistie pour les personnes emprisonnées depuis le début des violences, et le désarmement des «collectifs», des groupes de civils armés proches du «chavisme».

«Il y a un temps pour la justice et un temps pour le pardon. Pour l'instant, c'est le temps de la justice», a-t-il déclaré à propos d'une éventuelle amnistie, avant de qualifier les collectifs de «simples groupes de travail social». Le président a par ailleurs convoqué une nouvelle rencontre avec l'opposition pour mardi.

Appel à manifester

Nicolas Maduro «laisse passer une belle occasion de céder de façon stratégique à l'opposition pour augmenter l'espoir (de la population) en ce dialogue», estime le politologue Luis Vicente Leon, directeur de l'entreprise Datanalisis.

Et, alors que le président ne cessait de fustiger les «fascistes» et les «putchistes», le député d'opposition Julio Borges a estimé, lui, que «maintenant plus que jamais, les manifestations pacifiques et constitutionnelles sont nécessaires pour faire pression pour parvenir à un changement radical et démocratique», dans le pays.

«Un des facteurs qui a incité (le gouvernement) à entamer un dialogue à tout prix» est «probablement la pression internationale» due à «la mauvaise image croissante (des autorités) générée par la répression des manifestations», a dépeint pour sa part le politologue John Magdaleno.

Faire taire la protestation

Arraché par l'Union des nations sud-américaines (Unasur), ce dialogue inédit depuis l'accession au pouvoir de M. Maduro il y a une année vise à mettre un terme à plus de deux mois de protestations d'étudiants et d'opposants concernant l'insécurité, la vie chère, l'inflation et la répression policière dans ce pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde.

Nicolas Maduro a reçu les principaux dirigeants de l'opposition au palais présidentiel, en présence d'une délégation de trois ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Brésil, Colombie, Equateur) et du nonce apostolique au Venezuela.

Le président socialiste a notamment pris langue avec la coalition d'opposition de la Table de l'unité démocratique (MUD), dont sa principale figure, le gouverneur et deux fois candidat à la présidentielle Henrique Capriles.

Manquait toutefois à l'appel, l'aile la plus radicale de l'opposition, le parti de droite Voluntad Popular dont deux maires et le dirigeant, Leopoldo Lopez, accusés notamment d'attiser les violences, sont détenus depuis plusieurs semaines. Ces opposants radicaux ont refusé de participer à cette rencontre.

Au moins 39 morts

Les violences en marge des mobilisations ont fait officiellement 39 morts au Venezuela, la majorité par armes à feu, plus de 600 blessés. Une centaine d'enquêtes ont été ouvertes contre des membres des forces de l'ordre soupçonnés d'atteintes au droit de l'homme.

(ats/afp)

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